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Elections américaines : en attendant le vote par défaut
Comme prévu, aucun vainqueur définitif dans le camp démocrate n'est encore désigné, même si Barack Obama possède un net avantage. D'aucuns craignent que ces Primaires démocrates trop longues divisent profondément le parti et ne profitent à John McCain. Pourtant le vote par défaut devrait faire son retour...
Comme cela était prévu, les dernières Primaires (Caroline du Nord, Indiana, Kentucky, Oregon) n’ont pas permis de désigner un vainqueur définitif dans le camp démocrate. Les deux candidats poursuivent leur course, avec un avantage de plus en plus net pour Barack Obama (qui dispose désormais de la majorité absolue en nombre de délégués désignés lors des scrutins), mais qui ne s’avère pas encore décisif, et pourrait ne pas l’être avant la convention de Denver fin août si Hillary Clinton ne se résigne pas à jeter l’éponge d’ici là, ce qui reste cependant encore possible.
Nombreux sont les observateurs et responsables politiques à craindre que des Primaires démocrates trop longues ne profitent à John McCain, en divisant profondément les forces du parti de l’âne. Certains électeurs proclament même qu’ils refuseront de voter en novembre si leur candidat(e) n’emporte pas l’investiture du parti. Et les sondages de confirmer cette tendance, comme pour mieux inquiéter et impliquer les super délégués, désormais responsables du choix final du candidat. Le spectre d’une unité éclatée du parti démocrate se dessine pour certains, avec des effets désastreux lors de l’élection générale.
En novembre prochain, le vote pourrait cependant être plus partisan que prévu. Devant la nécessité d’apporter des voix au candidat de l’un ou l’autre des deux partis, le vote par défaut devrait faire son grand retour, marquant au passage la pérennité d’un bipartisme trop souvent enterré.
Les Républicains unis derrière McCain
Côté républicain, l’unité semble assurée depuis la nette victoire de McCain sur ses adversaires, même si elle ne s’imposait pas d’elle-même. Lors des Primaires, les milieux les plus conservateurs s’en sont pris avec vigueur à John McCain, et n’hésitèrent pas à soutenir des candidats parfois atypiques, comme Mike Huckabee, qui incarnaient mieux à leurs yeux les valeurs conservatrices. Mais une fois le sénateur de l’Arizona nettement détaché de ses poursuivants, les Républicains dans leur ensemble lui apportèrent leur soutien, tournant ainsi la page des Primaires. Ces mouvements n’ont pas eu d’incidence sur les positions de John McCain, qui n’est pas le champion des conservateurs, et ne le sera toujours pas en novembre, mais c’est par nécessité plus que par choix que l’ensemble du parti républicain lui a apporté son soutien.
Si les conservateurs se rangeront derrière McCain, pour faire barrage à une présidence démocrate, on peut en revanche s’interroger sur le soutien actif dont bénéficiera le sénateur de l’Arizona dans la campagne. Si certains milieux conservateurs voteront bien McCain en novembre, vont-ils participer à la campagne ? C’est une autre question. On peut également s’interroger sur les choix de certains cadres du parti, qui se méfient du sénateur de l’Arizona, notamment dans le camp du président Bush. La rivalité entre les deux hommes est réelle. On peut ainsi se demander si John McCain lui-même a voté pour George W. Bush, qui l’avait devancé lors des Primaires républicaines, en 2000. Et si Bush, agacé de voir McCain l’éviter lors de la campagne, le soutiendra activement. Mais ne nous y trompons pas, les Républicains savent se mobiliser à l’occasion des élections, et leur candidat bénéficiera d’un soutien massif de la base du parti comme de ses cadres.
Le parti de l’âne en ordre serré ?
Côté démocrate, l’équation n’est pas aussi simple. Il est temps, de l’avis de certains élus démocrates, de tourner la page des Primaires et de recomposer l’unité du parti en vue d’affronter John McCain. D’autres, à commencer par Hillary Clinton et Barack Obama, les principaux intéressés, se montrent plus réservés, et estiment que le temps de l’unité viendra, et c’est après la convention de Denver qu’elle sera nécessaire.
Ce n’est pas la première fois que les deux partis connaissent, à l’occasion des Primaires, de fortes divisions. Nous avons noté le cas Bush-McCain précédemment pour les républicains. Nous pourrions en mentionner plusieurs côté démocrate (proche de nous, la lutte Kerry-Edwards en 2004), mais jamais le parti n’a semblé aussi partagé entre deux candidats. Qu’à cela ne tienne, quand les électeurs démocrates auront à choisir, en novembre, entre une nouvelle présidence républicaine ou une administration démocrate, ces divisions devraient s’estomper. Dans un environnement politique profondément partisan, ces mécanismes se généraliseront. Provoquer des débats en vue de désigner le candidat le mieux placé pour l’emporter, c’est à cela que servent les Primaires ! Les partisans d’Hillary Clinton choisiront donc dans leur grande majorité Barack Obama - puisque c’est le sénateur de l’Illinois qui sera, sinon catastrophe, le candidat du parti de l’âne. Reste simplement à savoir si le réservoir d’électeurs démocrates sera supérieur à celui des républicains.
Par ailleurs, dès lors que les deux partis se présenteront vraisemblablement en ordre serré à l’élection de novembre, la chasse aux électeurs indépendants s’avère d’autant plus cruciale qu’elle risque d’être décisive. Une fois les bases traditionnelles des deux partis acquises, les candidats auront à cœur de séduire le centre, et malgré le profil atypique des candidats et le caractère historique de la campagne, il est ainsi fort probable que la bataille Républicains-Démocrates ressemble aux précédentes.
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auteur: Barthélémy Courmont en savoir plus sur l'auteur |
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En 2008, les wasps font encore la loi
Donc, si j'ai bien compris, M. Courmont considère que le vote par défaut va se généraliser, notamment côté démocrate... 4 ans de conservatisme réactionnaire de +, ça commence sentir bon l'obscurantisme!! Alors, arrêtons de nous trouver de bonnes raisons d'espérer : l'Amérique n'est pas prête à donner sa confiance à un démocrate qui ne soit pas un wasp (de sexe masculin s'entant)... | ||
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