| ANALYSE Les deux politiques du climat POINT DE VUE Grenelle de l'environnement : la déroute de l'écologie molle lire le dossier |
LES ARTICLES LES PLUS :
Politique
Pourquoi Hillary Clinton ne sera pas présidente
lire l'article
Quelles solutions pour le conflit israélo-palestinien ?
Un conflit sans fin, des solutions connues
lire l'article
Que penser de la politique étrangère de Sarkozy ?
Trois failles majeures de la diplomatie Sarkozy
lire l'article
Lire la suite sur le blog de la rédaction
THEMES :
- agriculture
- art
- Berlusconi
- boycott
- Bush
- capitalisme
- changement climatique
- Chine
- cinéma
- civilisation
- climat
- Clinton
- conflit
- Corée
- crise financière
- critique
- croissance
- Dalai-lama
- Delanoë
- droits de l'homme
- démocratie
- développement durable
- Elections
- emploi
- environnement
- Etats-Unis
- Europe
- France
- guerre
- génocide
- Hatzfeld
- histoire
- humanité
- immigration
- impérialisme
- inflation
- internet
- islam
- islamisme
- Israël
- Italie
- Japon
- Jeux Olympiques
- Kosovo
- libéralisme
- littérature
- mafia
- mai 68
- McCain
- médias
- nucléaire
- Obama
- ONU
- Palestine
- pauvreté
- philosophie
- politique économique
- politique étrangère
- Primaires américaines
- PS
- Pékin
- recherche
- retraites
- Royal
- Russie
- Rwanda
- réforme
- révolution
- Sarkozy
- Serbie
- Taiwan
- technologie
- terrorisme
- Tibet
- universités
Plusieurs cas médiatisés ont relancé ces derniers mois le débat sur l'euthanasie. Mais les arguments opposés sont souvent confus et peu lisibles, le débat étant dominé par l'émotion. Repérons les fondements des différentes argumentations.
Nous connaissons les arguments qui sont avancés en faveur de l'euthanasie active. Elle est d'abord censée protéger la dignité humaine et éviter l'abandon des mourants dans une situation intolérable pour eux et pour leur entourage. Elle permettrait d'éviter les stratégies souvent néfastes de la clandestinité et les erreurs imprévisibles consécutives à des actes de désespoir. Mettant fin à une dégradation intolérable, elle épargnerait aux individus l'altération humiliante de leur raison et de leur volonté, et les sauverait d'une souffrance absurde car insoutenable.
Les partisans de l'euthanasie partent du principe de base que chaque homme serait a priori titulaire de tous les droits qui l'associent à son corps, et reste jusqu'à sa fin le seul être à pouvoir décider de son sort, y compris donc du moment et de la façon de quitter la vie. Libre de pouvoir faire le choix d'une telle alternative, il éviterait les affres de la dépendance aussi bien que la souffrance prolongée des ses proches. On avance alors qu'il y a déjà de toute façon un grand nombre d'interruptions volontaires de vie pratiquées dans l’obscurité de certains hôpitaux et que, d'autre part, on ne peut plus ignorer que la demande d'euthanasie de la part de la société ne cesse de croître. On observe même une véritable banalisation de cette demande.
Les arguments ne manquent pas à ceux qui sont contre l'euthanasie active
Le principal repose sur le principe éthique selon lequel l'homme ne disposerait absolument pas de sa vie, celle-ci étant un don sacré. Ils mettent aussi l'accent sur les dérapages multiples et variés que l’autorisation d'une telle pratique pourrait entrainer. Depuis des pressions financières sur les malades, en particulier les plus pauvres, ou des pressions morales de la part des proches et/ou des héritiers, jusqu'à l'impossibilité de changer d'avis à partir d'un certain point, même si le malade revient sur sa décision. Se pose aussi le problème de la définition de la lucidité de la décision au moment où celle-ci est prise jusqu'aux dérives potentielles plus graves vers des formes d'eugénisme et la tentation de la sélection des individus par rapport à une conception très douteuse de la vie digne d'être vécue. Ils mettent aussi en avant l'inutilité probable de l'euthanasie vis à vis des progrès énormes en matière de médicaments antidouleur. Ils pointent aussi un sujet dont on ose peu parler : et si la demande pour l'euthanasie ne montrait que notre propre incapacité en tant que personnes saines de s'occuper et d' accompagner un proche mourant ? Et puis, pourquoi la souffrance serait nécessairement inutile ? Pourquoi la réalité de la mort devrait être une expérience confortable et lénifiante ? Et enfin, comment interpréter cette complicité perverse des médecins, tenus pourtant expressément par le serment d'Hippocrate de soutenir la vie et soulager la douleur ?
En amont de cette question, deux grandes morales s'affrontent
La première est celle soutenue principalement par les clergés, à savoir que la vie n'appartient à pas aux humains, mais seulement à Dieu ; la seconde est celle adoptée majoritairement par les laïcs, qui soutient que chaque personne dispose du droit d'apprécier la valeur de sa propre vie et d'agir en conséquence. Rappelons que le véritable, voire le seul, argument éthique fort contre l'euthanasie est qu'elle est en opposition avec le sixième commandement du Décalogue ("tu ne tueras point"), ce qui fait d'elle l'équivalent d’un crime. Pour l’Islam aussi d'ailleurs, l'homme étant une œuvre divine, son euthanasie active par un médecin équivaut à un meurtre. Soulignons aussi, ce qui est peut-être moins connu, que du point de vue juridique, le corps humain est une "chose sacrée" et en tant que tel, un élément extrapatrimonial, il n'est donc aucunement question pour quiconque de revendiquer sa propriété. L'euthanasie est donc non seulement contre le principe d'indisponibilité du corps (art.16 du Code civil), mais aussi en contradiction avec la Convention Européenne des droits de l'Homme.
Opposants à l'euthanasie, à l'avortement et à la peine de mort utilisent paradoxalement le même argument : le caractère sacré de la vie humaine
Pour finir, mettons aussi en avant un paradoxe souvent négligé. L'idée que l'on n'a pas le droit de disposer de son corps, sous prétexte que notre vie est un don sacré, peut certes paraître incongrue, voire révoltante, à beaucoup des consciences contemporaines. Or, on oublie souvent que la suppression de la peine de mort, sujet de grande fierté de l'Occident européen, a le même argument en son centre : c'est en raison du caractère unique et sacré de chaque vie humaine qu’une société n'a pas le droit de la supprimer. Et pour montrer la complexité de ces débats, rappelons la force que représente cette fois le même argument (le caractère sacré de la vie humaine), utilisée autrement et presque à l'envers, par ceux qui militent contre l’avortement.
|
L'euthanasie est, comme le sucide, humaine mais illégale....
Avant toute chose, j'aimerais préciser que l'argument fondamental contre la peine de mort n'est pas, à mon avis, le caractère sacré de la vie, mais le refus d'une erreur judiciaire irréparable. Ensuite, selon le concept de propriété développé par le philosophe Locke, empiriste bien connu, l'homme ne peut pas disposer librement de son corps non pas parce qu'il est sacré, mais parce qu'il n'est pas sa propriété, en ce que cette dernière se définit par l'effort pour transformer la réalité. En clair, une pomme que je ramasse sur un arbre m'appartient car je suis le seul à avoir fait un effort pour cueillir cette pomme-là. Pour revenir au coeur du sujet, l'euthanasie ne peut pas être légale, dans le sens où elle introduirait les pires excès dans les contextes d'héritage ou de frais de maison de retraite. Précisons cependant que l'euthanasie est largement pratiquée de manière officieuse par le corps médical, fort heureusement pour les malades en fin de vie. | |||
répondre à cette réaction
|
noter cette réaction |
signaler un abus
|
|
|
Disposer de soi-même
Ce devrait être la moindre des libertés. Comme d'affronter son dieu après lui avoir désobéi. Comment peut-on penser que quiconque a pris cette décision ne pourrait revenir dessus? C'est du roman noir. | |||
répondre à cette réaction
|
noter cette réaction |
signaler un abus
|
|





Envoyer cet article à un ami
Imprimer cet article
Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
