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Politique
Euthanasie : la vie est-elle digne ou sacrée ?
Plusieurs cas médiatisés ont relancé ces derniers mois le débat sur l'euthanasie. Mais les arguments opposés sont souvent confus et peu lisibles, le débat étant dominé par l'émotion. Repérons les fondements des différentes argumentations.
Nous connaissons les arguments qui sont avancés en faveur de l'euthanasie active. Elle est d'abord censée protéger la dignité humaine et éviter l'abandon des mourants dans une situation intolérable pour eux et pour leur entourage. Elle permettrait d'éviter les stratégies souvent néfastes de la clandestinité et les erreurs imprévisibles consécutives à des actes de désespoir. Mettant fin à une dégradation intolérable, elle épargnerait aux individus l'altération humiliante de leur raison et de leur volonté, et les sauverait d'une souffrance absurde car insoutenable.
Les partisans de l'euthanasie partent du principe de base que chaque homme serait a priori titulaire de tous les droits qui l'associent à son corps, et reste jusqu'à sa fin le seul être à pouvoir décider de son sort, y compris donc du moment et de la façon de quitter la vie. Libre de pouvoir faire le choix d'une telle alternative, il éviterait les affres de la dépendance aussi bien que la souffrance prolongée des ses proches. On avance alors qu'il y a déjà de toute façon un grand nombre d'interruptions volontaires de vie pratiquées dans l’obscurité de certains hôpitaux et que, d'autre part, on ne peut plus ignorer que la demande d'euthanasie de la part de la société ne cesse de croître. On observe même une véritable banalisation de cette demande.
Les arguments ne manquent pas à ceux qui sont contre l'euthanasie active
Le principal repose sur le principe éthique selon lequel l'homme ne disposerait absolument pas de sa vie, celle-ci étant un don sacré. Ils mettent aussi l'accent sur les dérapages multiples et variés que l’autorisation d'une telle pratique pourrait entrainer. Depuis des pressions financières sur les malades, en particulier les plus pauvres, ou des pressions morales de la part des proches et/ou des héritiers, jusqu'à l'impossibilité de changer d'avis à partir d'un certain point, même si le malade revient sur sa décision. Se pose aussi le problème de la définition de la lucidité de la décision au moment où celle-ci est prise jusqu'aux dérives potentielles plus graves vers des formes d'eugénisme et la tentation de la sélection des individus par rapport à une conception très douteuse de la vie digne d'être vécue. Ils mettent aussi en avant l'inutilité probable de l'euthanasie vis à vis des progrès énormes en matière de médicaments antidouleur.
Ils pointent aussi un sujet dont on ose peu parler : et si la demande pour l'euthanasie ne montrait que notre propre incapacité en tant que personnes saines de s'occuper et d' accompagner un proche mourant ? Et puis, pourquoi la souffrance serait nécessairement inutile ? Pourquoi la réalité de la mort devrait être une expérience confortable et lénifiante ? Et enfin, comment interpréter cette complicité perverse des médecins, tenus pourtant expressément par le serment d'Hippocrate de soutenir la vie et soulager la douleur ?
En amont de cette question, deux grandes morales s'affrontent
La première est celle soutenue principalement par les clergés, à savoir que la vie n'appartient à pas aux humains, mais seulement à Dieu ; la seconde est celle adoptée majoritairement par les laïcs, qui soutient que chaque personne dispose du droit d'apprécier la valeur de sa propre vie et d'agir en conséquence. Rappelons que le véritable, voire le seul, argument éthique fort contre l'euthanasie est qu'elle est en opposition avec le sixième commandement du Décalogue ("tu ne tueras point"), ce qui fait d'elle l'équivalent d’un crime. Pour l’Islam aussi d'ailleurs, l'homme étant une œuvre divine, son euthanasie active par un médecin équivaut à un meurtre.
Soulignons aussi, ce qui est peut-être moins connu, que du point de vue juridique, le corps humain est une "chose sacrée" et en tant que tel, un élément extrapatrimonial, il n'est donc aucunement question pour quiconque de revendiquer sa propriété. L'euthanasie est donc non seulement contre le principe d'indisponibilité du corps (art.16 du Code civil), mais aussi en contradiction avec la Convention Européenne des droits de l'Homme.
Opposants à l'euthanasie, à l'avortement et à la peine de mort utilisent paradoxalement le même argument : le caractère sacré de la vie humaine
Pour finir, mettons aussi en avant un paradoxe souvent négligé. L'idée que l'on n'a pas le droit de disposer de son corps, sous prétexte que notre vie est un don sacré, peut certes paraître incongrue, voire révoltante, à beaucoup des consciences contemporaines. Or, on oublie souvent que la suppression de la peine de mort, sujet de grande fierté de l'Occident européen, a le même argument en son centre : c'est en raison du caractère unique et sacré de chaque vie humaine qu’une société n'a pas le droit de la supprimer. Et pour montrer la complexité de ces débats, rappelons la force que représente cette fois le même argument (le caractère sacré de la vie humaine), utilisée autrement et presque à l'envers, par ceux qui militent contre l’avortement.
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auteur: Emmanuel Guérin en savoir plus sur l'auteur |
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L'euthanasie est, comme le sucide, humaine mais illégale....
Avant toute chose, j'aimerais préciser que l'argument fondamental contre la peine de mort n'est pas, à mon avis, le caractère sacré de la vie, mais le refus d'une erreur judiciaire irréparable. Ensuite, selon le concept de propriété développé par le philosophe Locke, empiriste bien connu, l'homme ne peut pas disposer librement de son corps non pas parce qu'il est sacré, mais parce qu'il n'est pas sa propriété, en ce que cette dernière se définit par l'effort pour transformer la réalité. En clair, une pomme que je ramasse sur un arbre m'appartient car je suis le seul à avoir fait un effort pour cueillir cette pomme-là. Pour revenir au coeur du sujet, l'euthanasie ne peut pas être légale, dans le sens où elle introduirait les pires excès dans les contextes d'héritage ou de frais de maison de retraite. Précisons cependant que l'euthanasie est largement pratiquée de manière officieuse par le corps médical, fort heureusement pour les malades en fin de vie. | |||
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Disposer de soi-même
Ce devrait être la moindre des libertés. Comme d'affronter son dieu après lui avoir désobéi. Comment peut-on penser que quiconque a pris cette décision ne pourrait revenir dessus? C'est du roman noir. | |||
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La mort est niée dans notre culture son traitement est donc inhumain
Notre culture fait l'apologie de la souffrance dans toutes nos organisations de vie: religieuse, sociétale...Alors ne nous étonnons pas que cette accès civilisé à notre mort nous soit refusé. La mort est du domaine du privé, quoi de plus intime que notre mort? Comment alors laisser la loi, la religion, le sociétal décider de comment nous allons finir notre vie? Surtout quand dans l'inconscient collectif la souffrance apporte la rédemption... Il faut souligner aussi que dans notre époque "moderne" de société occidentale, la mort est niée, interdite, vécu comme un échec. Nous sommes dans des temps barbares ou nous n'intégrons pas la mort comme une loi naturelle, où nous cherchons des responsables à punir de notre incapacité à l'intégrer. Si nous étions préparé dans notre vie quotidienne à l'échéance de notre mort, nous chercherions à partir le plus dignement et confortablement possible sans refuser ce droit à autrui surtout s'il nous est proche. Les arguments intellectuels autour de la peine de mort et de l'avortement nous servent de bouclier pour ne pas affronter notre mortalité... | ||
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Interdire, mais pas punir
Pour les différentes raisons qui ont précédemment été citées, je suis favorable à l'euthanasie. Cependant, il a été rappelé à juste titre qu'une loi autorisant l'euthanasie risquerait de laisser le champ libre à des abus irréparables. Par ailleurs, quelles qu'en soient les motivations, l'euthanasie est un assassinat au sens strict du terme : un homicide volontaire avec préméditation. Comment la loi pourrait-elle justifier un assassinat ? A mon sens, c'est simple, elle ne le pourrait pas. D'autre part, il faut simplement observer les pays limitrophes qui ont légalisé l'euthanasie et on s'aperçoit que des entreprises font de gros bénéfices en faisant du "business de la mort". C'est tout à fait immoral et surtout effrayant. Toutefois, on peut considérer que conserver un patient vivant, en phase terminale d'un cancer ou paralysé, soit une sorte de torture psychologique. Sans avoir besoin de rentrer dans les détails, on peut tous imaginer l'enfer pour un patient qui n'a plus goût à la vie de se faire clouer au lit, à fixer le plafond et attendre la mort. Enfin, pour répondre aux précédentes réactions de Jean Dumas et Hasting Matt, je pense que nous ne devrions ni verser dans des arguments purement pratiques et économiques, ni dans des arguments relevant de la foi. Car c'est un débat qui concerne en tout premier lieu la dignité de l'homme, mais doit rester laïc et civique, afin que nous puissions tous en débattre ni de manière passionnelle, ni de manière technocratique. | |||
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le juge et la loi
Le rôle d’un juge est d’appliquer la loi, pas de décider selon ses goûts et opinions. Seul le corps législatif possède le droit d’amender ou d’abroger une loi, ou d’adopter une loi nouvelle qui permettrait à un cas particulier d’être jugé différemment des autres cas. Je n’accepte pas l’euthanasie pour plusieurs raisons, la principale est qu’il s’agit d’un acte irréversible et dont le bien fondé est difficile à établir. Par ailleurs, je ne vois pas pourquoi vous refusez tout argument religieux. Je connais autant d’athées que de croyants opposés à l’euthanasie. Je ne crois pas qu’il suffisse d’être athée ou agnostique pour avoir un jugement sain. | |||
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OUI à l'aide au suicide, mais NON à l'euthanasie
Au sujet de la différence entre l'euthanasie et l'aide au suicide, il faut distinguer entre les arguments juridiques, éthiques et religieux. On ne peut pas simplement affirmer sans nuance qu'il n'existe pas de différence entre les deux : dans un cas c'est le patient lui-même qui s'enlève la vie (aide au suicide) alors que dans l'autre c'est le médecin qui la retire. Il faut d'abord préciser sur quel terrain (juridique, éthique ou religieux) on tire notre argumentation. Si l'on se situe sur le terrain de l'éthique, on peut raisonnablement soutenir qu'il n'existe pas de différence. Cependant, si l'on se situe sur le terrain juridique, il existe toute une différence entre l'euthanasie (qualifié de meurtre au premier degré dont la peine minimale est l'emprisonnement à perpétuité) et l'aide au suicide (qui ne constitue pas un meurtre, ni un homicide et dont la peine maximale est de 14 ans d'emprisonnement). Dans le cas de l'aide au suicide, la cause de la mort est le suicide du patient et l'aide au suicide constitue d'une certaine manière une forme de complicité. Mais comme la tentative de suicide a été décriminalisée au Canada en 1972, cette complicité ne fait aucun sens, car il ne peut exister qu'une complicité que s'il existe une infraction principale. Or le suicide (ou tentative de suicide) n'est plus une infraction depuis 1972. Donc il ne peut logiquement y avoir de complicité au suicide. Cette infraction de l'aide au suicide est donc un non-sens. En revanche, l'euthanasie volontaire est présentement considérée comme un meurtre au premier degré. Le médecin tue son patient (à sa demande) par compassion afin de soulager ses douleurs et souffrances. Il y a ici une transgression à l'un des principes éthiques et juridiques des plus fondamentaux à savoir l'interdiction de tuer ou de porter atteinte à la vie d'autrui. Nos sociétés démocratiques reposent sur le principe que nul ne peut retirer la vie à autrui. Le contrat social « a pour fin la conservation des contractants » et la protection de la vie a toujours fondé le tissu social. On a d'ailleurs aboli la peine de mort en 1976 ! Si l'euthanasie volontaire (à la demande du patient souffrant) peut, dans certaines circonstances, se justifier éthiquement, on ne peut, par raccourcit de l'esprit, conclure que l'euthanasie doit être légalisée ou décriminalisée. La légalisation ou la décriminalisation d'un acte exige la prise en compte des conséquences sociales que cette légalisation ou cette décriminalisation peut engendrer. Les indéniables risques d'abus (surtout pour les personnes faibles et vulnérables qui ne sont pas en mesure d'exprimer leur volonté) et les risques d'érosion de l'ethos social par la reconnaissance de cette pratique sont des facteurs qui doivent être pris en compte. Les risques de pente glissante de l'euthanasie volontaire (à la demande du patient apte) à l'euthanasie non volontaire (sans le consentement du patient inapte) ou involontaire (sans égard ou à l'encontre du consentement du patient apte) sont bien réels comme le confirme la Commission de réforme du droit au Canada qui affirme : « Il existe, tout d'abord, un danger réel que la procédure mise au point pour permettre de tuer ceux qui se sentent un fardeau pour eux-mêmes, ne soit détournée progressivement de son but premier, et ne serve aussi éventuellement à éliminer ceux qui sont un Eric Folot | |||
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Réponse à l'écolo : Cela n'est que partiellement vrai. Le juge interprète la loi et ne fais pas que l'appliquer aveuglement. C'est pour ça que les procès existent : pour déterminer la culpabilité du l'accusé d'une part et pour décider de sa peine d'autre part. Il est évident que selon les circonstances, les meurtres, vols ou autres délits ne sont pas sanctionnés de la même manière. C'est toute la difficulté du métier et les deux poids dans la balance : la loi contre les justifications de l'accusé. "Par ailleurs, je ne vois pas pourquoi vous refusez tout argument religieux. Je connais autant d’athées que de croyants opposés à l’euthanasie. Je ne crois pas qu’il suffisse d’être athée ou agnostique pour avoir un jugement sain." Je ne remets pas en cause votre capacité de jugement. Cependant pour qu'un débat public ait lieu, il est impératif que les arguments se situent à un même niveau. En d'autres termes, comment avoir un débat, devant aboutir à l'établissement d'une législation, si certains parlent avec la foi et d'autres avec la raison ? Les arguments ne peuvent même pas se confronter. Quand un religieux dit à un souffrant que Dieu lui interdit de s'ôter lui-même la vie et que le patient rétorque qu'il souffre et sait que sa vie n'est plus qu'une affaire de jours, où est l'issue du débat ? Réponse à Eric Folot : | |||
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Réponse à Mangetsu
Vous avez tout à fait raison d'affirmer qu'il existe des cas où des personnes ne peuvent pas mettre eux-mêmes fin à leur vie. Néanmoins, le législateur ne doit jamais légiférer pour des exceptions ! Il y aura toujours des cas limites qui poseront des difficultés et auxquels la loi ne pourra pas répondre adéquatement. Mais il appartient alors aux tribunaux d'apprécier les faits et la preuve qui leurs sont soumis. Dans leur sagesse, et afin d'aplanir l'injustice subit par les personnes incapables de se suicider, ils prendront certainement en compte des circonstances atténuantes telle que le consentement du patient et le mobile (la compassion). Au nom d'un droit à l'autodétermination, on ne peut exiger la transgression d'un interdit fondamental (l'interdit de tuer) qui fonde le tissu social et qui justifie la création des sociétés. Les propos de Jacques Grand'Maison sont éclairants : « Ériger son intérêt particulier maximal en droit absolu, c'est briser la relation de justice et d'intérêt général qui fonde le droit dans une Eric Folot | |||
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Je suis entièrement d'accord avec vous. Et comme je l'ai dit à l'écolo, ce n'est pas à la loi de s'adapter mais aux juges. Autrement dit, le débat ne porte tant sur nos institutions ou notre constitution, mais il vise à briser le tabou de la mort de nos sociétés occidentales. Je pense que l'enjeu n'est pas d'aboutir à une loi, mais de plus prendre en compte la dignité humaine dans les affaires d'euthanasie. Ou tout simplement, prendre en compte l'humain et ne plus seulement considérer l'acte d'assassinat. | |||
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les lois et les juges
Cela dépend essentiellement de la conception qu’on a de la loi, et il est tout à fait possible que la loi canadienne soit très différente de la loi française sur ce point. En France, un juge doit former ses jugements uniquement d’après la loi. Comme la loi prévoit toujours un minimum et un maximum, un juge conserve une certaine latitude d’appréciation. Cependant, l’éthique prévoit que cette latitude ne devrait tenir compte que des faits, et non des conceptions personnelles (politiques, philosophiques, idéologiques, religieuses, etc.) du juge ou de son humeur du moment. Un juge qui prononcerait la relaxe de l’auteur d’un crime ou d’un délit, alors que les faits sont avérés, commettrait le délit de « déni de justice ». C’est sur cela que je me suis basé. Cependant, il est fort possible qu’il en aille tout à fait différemment au Canada et que les juges canadiens aient toute latitude pour prononcer des jugements non conformes à la loi. C’est une conception qui en vaut une autre. Mais, si le juge n’est pas tenu de respecter la loi, à quoi peut bien servir la loi ? | |||
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les juges et les législateurs
en France : 1. les lois sont décidées par le peuple français au travers des députés qui le représentent à l’Assemblée nationale, et 2. un juge prononce ses jugements « au nom du peuple français », ce sont les raisons pour lesquelles un juge ne peut pas, en France, prononcer des jugements non conformes à la loi. Si un juge canadien peut ne pas respecter la loi canadienne dans ses jugements, il a de la chance de trouver des législateurs vraiment très peu susceptibles. | |||
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Réponse à l'écolo
Je n'ai aucunement voulu dire que le juge pouvait "n'en faire qu'à sa tête". Je veux dire que le travail du juge n'est pas de regarder dans la ligne "Homicide" puis de se reporter à la colonne correspondant à la sentence et de dire "Vous êtes condamnés à 15 ans d'emprisonnement". Je ne dis pas que le juge adapte la loi selon ses désirs mais selon les circonstances du délits. | |||
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Mon mémoire de maîtrise en droit sur les décisions de fin de vie
Pour plus d’informations, je vous invite à lire mon mémoire de maîtrise en droit de la santé (Université de Sherbrooke et Université Montpellier 1) intitulé : « Étude comparative France-Québec sur les décisions de fin de vie : le droit sous le regard de l’éthique » (2010) que vous pouvez télécharger à l’adresse suivante : https://public.me.com/ericfolot/fr/ Eric Folot | |||
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L'euthanasie, d'accord mais... pour les milliardaires seulement !
Dialogue entre la proie et l'ombre...
- Faites ! Je vous en prie. - Ne trouvez-vous pas qu'on enterre un peu trop vite les morts ? - Comment ça ? - Le plus souvent, ce ne sont pas les morts qu'on enterre, mais... c'est de la mort dont on cherche à se débarrasser ; la mort et son cadavre. Et moi je suis pour qu'on prenne son temps avec la mort, qu'on s'occupe un peu d'elle même s'il n'est pas question de la banaliser, car il y aura toujours un salaud qui en profitera pour vous faire mourir plus tôt que prévu. Et je ne pense pas qu'aux crapules ! Pensez à l'euthanasie ! A son sujet, moi je dis : l'euthanasie, d'accord mais... pour les milliardaires seulement ! Parce que... avec les milliardaires, on est sûrs au moins qu'ils avaient les moyens de se soigner ; et par conséquent, les moyens de rester en vie. Quant aux autres... les démunis, les sans-famille et les vieux : niet ! Interdits d'euthanasie ! Car, en ce qui concerne les disgraciés, ce sont eux qui passeront à la casserole les premiers puisque ce sont eux les premiers qui, confrontés à une fin de vie exécrable, souhaiteront y mettre fin. - Vous voulez dire que... tous ces gens pourraient demander qu'on mette fin à leur vie ? - Oui. Les démunis, les disgraciés, les vieux, tous ces gens-là, ça pèse lourd sur les finances de notre système de santé, et plus lourd encore quand ils sont insolvables et abandonnés. Et pour eux, il n'y aura pas d'acharnement thérapeutique. En d'autres termes : on ne les retiendra pas. Ou bien alors, l'État devra une bonne fois pour toutes se décider : soit il se donner les moyens de faire en sorte que nous ayons tous une fin de vie décente, soit il décide de se débarrasser des plus fragiles d'entre nous : fragiles et insolvables !"
- Et les médecins ? - Les médecins ?! Demandez donc aux hémophiles ! Enfin, ceux qui sont encore là pour témoigner après l'affaire du sang contaminé."
Quelles conditions de fin de vie pour chacun d'entre nous ? Tout aussi importante que tous les cas extrêmes qui nous sont présentés par les médias, est cette question qui est rarement prise en compte par ceux qui souhaitent une loi qui autoriserait l’euthanasie : notre système de santé, son financement face au vieillissement de la population, l'augmentation de l'espérance de vie et celle des coûts de l'innovation... Car, là sont les vrais enjeux ! Tout en sachant que la collectivité aura besoin de dépenser toujours plus dans le domaine de la santé, il se pourrait bien qu'un jour, des gouvernements s'y refusent appuyés par un électorat égoïste ou mal informé. Quel système de santé souhaitons-nous nous offrir, entretenir et développer pour quelle qualité de vie et pour quelle de « fin de vie » ? Question bien plus importante que le droit de disposer de son corps car, faut-il rappeler que notre corps nous appartient dans la mesure où toute décision prise à son sujet ne remet pas en cause cette part de responsabilité qui incombe à tout un chacun (1) ; responsabilité qui fait que notre société s'interdit - par exemple -, d'encourager le suicide, l’auto-mutilation, les comportements à risque etc... Autoriser l'euthanasie, c'est prendre le risque de voir une société se débarrasser de milliers, voire de millions d'individus incapables économiquement de "s'offrir" une fin de vie de qualité car, cette société-là aurait majoritairement fait le choix de ne pas financer un système susceptible de garantir une telle fin de vie aux plus démunis, entre autres et pour commencer (2).
2-Les professionnels de santé vous le confirmeront : il existe bien un lien entre l'augmentation des "cas" de demandes d'euthanasie et la déshumanisation de la société ; déshumanisation qui touche en priorité les plus faibles : les personnes âgées isolées, aux revenus très faibles.
Face à une situation de précarité extrême, voire de dénuement totale, en désespoir de cause, combien de suicides, combien d’interruptions de traitement sous le couvert de l'euthanasie peut-on raisonnablement craindre, sans oublier les choix draconiens d’une médecine hospitalière qui serait privée de moyens ? Au sujet de notre santé et de notre qualité de vie à tous, on ne doit avoir qu'un seul souci : le financement, l'aide aux familles et le soutien au personnel soignant afin de réunir toutes les conditions nécessaires à l’exercice de cette "qualité de vie" que l’on soit ou non sur le point de la quitter. Et on ne manquera pas de noter qu’il est bien question de "vie" et de "qualité" et non d'un "comment mourir au plus vite ?" défaitiste. | ||
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Je trouve que ce dialogue n’a pas de sens. Selon moi, l’acharnement thérapeutique EST une fuite loin de la mort. « S’occuper », « prendre son temps » avec la mort, ce serait justement accompagner un patient durant la fin de sa vie. Aujourd’hui, peu importe la souffrance du concerné, soit on l’empoisonne jusqu’au bout avec des médicaments, soit on lui fait faire un pas dans l’au-delà avec des soins palliatifs. En d’autres termes, une négation totale d’une chose consubstantielle à la vie : la fin de cette dernière. Je pense que Serge Uleski confond deux débats. D’une part, comment instaurer une plus grande égalité face à la qualité de vie (l’amont du problème). D’autre part, comment accompagner ceux pour qui le rétablissement sera très difficile, voire impossible. Je suis d’accord avec Serge Uleski lorsqu’il blâme le fait que l’inégalité est un problème majeur. Cependant, je considère que ce serait passer à côté du véritable problème que de se focaliser sur l’aspect politico-social du système de santé. Car la question de l’euthanasie aborde des sujets bien moins prosaïques – dirais-je vulgaires – que ceux des budgets et du « trou de la Sécu ». Finalement, à quoi bon se demander « combien coûtent nos malades ? » Vous admettrez que la formulation même de cette question est répugnante. C’est la raison pour laquelle il faudrait plutôt se questionner à propos de la situation qui est au cœur de ce débat : que faire face à un mourant ? Un être souffre, demande à ce qu’on arrête de l’obliger à se battre contre une fatalité. Sa vie n’est peut-être plus qu’une question de semaines, et on va aborder des sujets si peu importants à ses yeux ? Qui, sur son lit de mort, serait intéressé par les querelles politiques et sociales et la puérilité de la compétition des partis ? J’espère vous avoir convaincu, Serge Uleski, que la question de l’euthanasie, aussi juste que puisse être une société, se posera toujours, car il y aura toujours des mourants. Et maintenant, que pensez-vous qu’il faille faire face à l’inéluctabilité de l’extinction d’une vie ? Pour ma part, si les milliardaires ont l’apanage de l’acharnement thérapeutique – ce qui n’est absolument pas le cas, je ne trouve pas cela enviable… | |||
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Un article qui commençait bien...
...il y avait les exposé des arguments des deux positions opposées... ça commençait bien, on croyait qu'on allait avoir une réflexion intéressante... Et puis tout d'un coup, ça dérive sur le cataloguage actif de la pensée des gens selon le critère religieux. Soyons clair : essayer d'opposer deux camps, les croyants VS les non croyants, est d'une débilité sans fin, venant de personnes qui surtout veulent éviter que les gens réfléchissent. Ils fournissent le mode d'emploi : "vous êtes croyant ? Alors vous devez être contre. Vous êtes non-croyant ? Alors soyez pour : le seul 'vrai' argument concerne les croyants uniquement..." Mais les vrais argument contre (et pour) l'euthanasie ne sont pas du domaine religieux ! Ce débat met en jeu la conception que nous avons de la solidarité, de la conception que nous avons de l'entraide, de l'accompagnement des autres. C'est la question de ce qu'on défini comme être humain ! Relisez Axel Kahn ! Si nous jugeons indigne de vivre celui qui souffre, bien entendu qu'il demandera "librement" (haha !) l'euthanasie ! Si nous voulons faire des économies sur les frais de santé de nos 'vieux' et que nous rendons infâmes leurs conditions de fin de vie, tout en leur proposant une euthanasie 'libératrice' et remboursée par la sécu, eu aussi, demanderont 'librement' (haha !) l'euthanasie ! Pourquoi se casse-t'on le cul à essayer de développer les pays pauvres où sévissent les famines ? Proposons leur l'euthanasie ! Quand nous-mêmes serons vieux, et que l'habitude de ce temps sera de partir "à la seringue", comment seront regardés tous ces "vieillards baveux qui pissent dans leur couche, qui ont besoin qu'on s'occupe d'eux pour leur tenir la cuillère" ? Ils seront (nous serons) regardés comme des anormaux ! Et tout naturellement... demanderont 'librement' (mouahahhaha !) l'euthanasie ! Est-ce cela, la société humaine que nous voulons ? Est-ce cela la fraternité inscrite dans notre devise ? Est-ce cela, la solidarité à laquelle nous aspirons ? Là sont les vraies questions ! Ah, c'est sur, c'est plus facile de dire "bah... pour être contre l'euthanasie, il faut croire en Dieu", mais c'est trancher un peu vite la complexité de la question, qui met en jeu les ressorts de solidarité, d'assistance, d'accompagnement, d'amour que nous, les êtres humains, avons le choix de mettre en oeuvre. Ou pas... Pierre | |||
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J'ai l'impression qu'il y a derrière tous ces commentaires, notamment celui de Pierre, une méprise de taille qui biaise le jugement. Voici ce que l'on peut lire, par exemple, à la fin de l'article d'Emmanuel Guérin : "Or, on oublie souvent que la suppression de la peine de mort, sujet de grande fierté de l'Occident européen, a le même argument en son centre : c'est en raison du caractère unique et sacré de chaque vie humaine qu’une société n'a pas le droit de la supprimer". Dans l'intervention de Pierre : "Est-ce cela, la société humaine que nous voulons ? Est-ce cela la fraternité inscrite dans notre devise ?" Ces deux citations se réfèrent à un élément qui, selon moi, n'a pas ou peu de lien avec la question de l'euthanasie : la société. Car enfin, qu'est-ce que l'euthanasie, si ce n'est un petit groupe de personnes qui agissent par amour et compassion ? En quoi la société a eu, a, et aura son mot à dire au moment de cet acte qui - mettons les choses au clair, au risque qu'il y ait un malentendu - a toujours existé et n'est pas une invention des sociétés modernes ? L'euthanasie est une pratique intime, qui ne se fait que dans des cercles d'individus proches. À ce titre, le poids de la société est incomparable, à ce moment, au poids des convictions personnelles. Alors, cessons de nous demander quel genre de société nous serions si nous ne condamnions pas l'euthanasie. Car, encore une fois, l'euthanasie est, certes, une question sociale (de personnes à personnes), mais n'est pas et ne sera jamais une question sociétale. Permettez-moi de réfuter dès à présent un argument que je vois venir. Pourquoi ne tiendrais-je pas le même discours pour les affaires, par exemple, de viols ? En effet, tout comme l'euthanasie, c'est une pratique qui a toujours existé, existera toujours, et pour laquelle l'opinion de la société a un poids insignifiant au moment de l'acte. En réalité, la différence est fondamentale : l'intention. Nul ne peut contester le fait que les intentions d'une personne qui commet une euthanasie et celle d'une personne qui commet un viol sont de natures diamétralement opposées. Que cela change-t-il pour notre affaire ? C'est très simple. Les citations de la Bible ont foisonné dans ce débat. Dans la religion chrétienne comme dans la plupart des autres religions - si ce n'est toutes les autres - les actes d'amour et de compassion n'ont jamais été réprimés. Si l'euthanasie est peut-être condamnable à la vue de telle ou telle confession religieuse, l'intention qui en est à l'origine ne l'est jamais. En outre, revenons sur la question de la justice, qui a été centrale dans cette discussion. J'espère ne pas me tromper en affirmant que tous les intervenants sont d'accord pour dire que les magistrats ne jugent pas des actes, mais des personnes. On ne juge pas le viol, mais le violeur. De la même façon, on ne juge pas un assassinat, mais un assassin. C'est la raison pour laquelle même si, en caricaturant, on peut dire qu'un assassinat et une euthanasie sont une même chose en ce qui concerne l'acte, il est indéniable qu'un assassin et une personne soulageant un proche ne doivent pas être jugés de la même manière. En somme, voici comment on pourrait résumer ma pensée dans cette démonstration. La question de l'euthanasie, au niveau de l'acte, est indépendante des questions sociétales. Il est dont inutile de se morfondre et de présager des choses aberrantes telles que le délitement du lien social (qui évolue toujours, mais ne disparait jamais). Néanmoins, cela ne signifie pas que l'euthanasie se passe de commentaires. Évidemment qu’une société peut se poser des questions à son propos. Si tant est que ces commentaires ne tirent pas de conclusions hâtives telles que : "si l'euthanasie n'est pas réprimée, c'est comme si la société tout entière tuait ses malades". Des contre-vérités qui amènent à comparer des choses incomparables telles que l'euthanasie et la peine de mort - qui pour le coup, est réellement prononcée au nom de la société -. | |||
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