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Politique
François Bayrou au point de bascule
Le 7 juin dernier, les électeurs désavouent la stratégie politique de François Bayrou. La faute à son positionnement obscur et à l’émergence de deux nouvelles forces politiques qui changent la donne : Europe Ecologie et le Front de Gauche. Le "moment Bayrou" est-il déjà passé ?
En quelques heures, François Bayrou est passé du statut de "premier opposant à Nicolas Sarkozy" à celui de premier opportuniste du paysage politique Français. Les attaques personnelles s’étalent aujourd’hui dans la presse à l’encontre du président du MoDem, décrit par Ludovic Vigogne dans l’Express comme carriériste, obsédé par les présidentielles, imbu de lui-même, pédant, colérique et politiquement instable.
Le brouillage politique opéré durant la campagne n’est pas étranger à ce revers de fortune. François Bayrou entretient la confusion de son électorat en tendant la main au socialiste François Hollande (PS), au chiraquien François Barouin (UMP) et au Gaulliste Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République), tout en refusant le dialogue avec Daniel Cohn Bendit, plus proche de sa sensibilité.
Les raisons de son échec ne sont pas si évidentes
Son positionnement politique dispose plus que jamais d’une fenêtre stratégique dans la recomposition du paysage politique français. Face à l’importation en France de la droite néolibérale inspirée par Ronald Reagan et Margareth Thatcher, Bayrou profite de l’incurie du PS pour importer une option social-démocrate pleinement assumée.
Son bestseller, Abus de Pouvoir, est révélateur de cette tentative. Contre le modèle néolibéral du président de la République, incarné par "l’acceptation de la montée des inégalités, la concentration […] de toutes les puissances, économiques, financières, politiques, médiatiques, entre les mains d’un groupe", François Bayrou propose de "trouver du progrès social sans violence, sans dictature du prolétariat, sans nationalisations". Pour lui, "il ne peut y avoir du progrès social qu’en défendant les libertés et la responsabilité du citoyen". Cette position conjugue habilement une sensibilité "sociale" avec l’approfondissement du libéralisme et économique.
Si l’opposition au modèle du président Sarkozy lui a permis de se faufiler dans une brèche politique porteuse, Bayrou souffre aujourd’hui de cette structuration univoque. Rappelé à la réalité par le cinglant résultat des élections européennes, il découvre à ses dépens que N. Sarkozy ne sera pas le seul à écarter de son chemin pour accéder à la première marche de la présidentielle. Il se retrouve ainsi démuni face aux critiques des autres camps, et en particulier celles du grand vainqueur de ce scrutin, Europe Ecologie menée Par Daniel Cohn Bendit.
Une opposition incarnée aussi par les Verts
Parti outsider aux élections du 7 juin, l’alliance des verts a su capter l’électorat volatile du démocrate béarnais. D’après le blog d’analyse politique "Horizons", "les écologistes et démocrates partagent nombre de caractéristiques communes à tel point qu’on serait même tenté de n’y voir qu’un seul et même électorat". Jeunes, diplômés, issus des catégories sociales supérieures, ils forment un magma électoral indécis et peu politisé. En l’absence d’un Parti Socialiste puissant, les petits partis sociaux-démocrates se déchirent pour profiter de cette position "apolitique" et rassurante. Mais en renforçant sa densité politique, François Bayrou s’est aliéné le "vote blanc mais en couleur", "bien pensant et généreux" qui lui avait permis de triompher à la présidentielle et qui a fait la percée d’Europe Ecologie.
Cette fois, Bayrou a donc échoué dans sa tentative d’incarner l’opposition démocrate en France. Il devra à présent se repositionner pour affronter les prochaines échéances. L’électorat qui l’a sanctionné hier sur l’Europe pourrait bien le plébisciter de nouveau dans les urnes sur des questions de politique intérieure. Dans cette perspective, Bayrou devra être plus prudent dans le choix de ses adversaires. Car, si le Parti Socialiste peu constituer jusqu’en 2012 un éléphant facile à dépouiller de ses électeurs, la riposte s’organise dans les rangs de la gauche.
Des adversaires à gauche
Après son départ fracassant du PS au lendemain du Congrès de Reims pour fonder le Parti de Gauche, Jean-Luc Mélenchon tire un sinistre constat du bilan de la sociale-démocratie. "En Amérique Latine, tout mouvement progressiste s’est fait sans elle, sinon contre elle. En Europe, elle oscille entre l’auto dissolution comme en Italie avec les "démocrates" (centre droit), les gouvernements de coalition avec la droite ou la stagnation identitaire". Face à cette perte d’identité, il propose de "s’approprier tout ce que la gauche, dans sa diversité et même ses oppositions internes, a produit". En ce sens, il se proclame "socialiste", "communiste", "écologiste", "passionnément républicain". En un mot, "de gauche".
Cette option qui s’incarne dans le Front de Gauche semble être promise à un bel avenir. Dans les mois prochains, Bayrou aura la lourde tâche de naviguer à vue entre deux écueils : une opposition sociale-démocrate fratricide et un débat idéologique entre deux types d’opposition possibles à Nicolas Sarkozy. Le choix devra alors être fait entre l’apolitisme d’Europe Ecologie et l’affrontement de fond proposé par le Front de Gauche. Autrement dit, le "moment Bayrou" est arrivé au point de bascule.
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auteur: Sébastien Claeys en savoir plus sur l'auteur |
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...UN VRAI CHAMP DE RUINES
...même si c'est un enfumeur hors pair et un prestidigitateur de la vie politique française, Sarkozy est l'un des politiques actuels les plus sérieux ! (ne riez pas) Il sait où il va, même s'il n'aime pas la France mais uniquement le pouvoir et l'argent. Versatiles, soumis ou craintifs, les Français marchent à tous les coups car il est "médiatiquement" crédible, bien "fabriqué" !... Chez les "politiques sérieux", ajoutons des personalités d'ultra-droite, au pouvoir, après un joli parcours de jeunesse à l'extrême ...et des gens d'extrême-doite ou carrément fascistes, toujours prêts à prospérer sur la misère du peuple. Plus quelques débauchages dans la fausse gauche ...et nous sommes dans un mini-Vichy !!! ...idéologie non assumée en moins. En face, dans le "camp" républicain, humaniste et progressiste, un vrai champ de ruines ...un désastre pour le Peuple. Pas d'espoir, pas le moindre début d'une alternative réelle, par exemple pour une économie sociale de marché, concurrentielle et innovante (recherche), à partage social des richesses (systèmes sociaux), et poussant pour l'Europe progressiste (convergences) qu'attendent les Peuples. On n'observe que des oportunismes malsains chez les démocrates chrétiens et les dirigeants de gauche, des bagarres ridicules et imbéciles, à des années lumières des souffrances et préoccupations du Peuple. Hugo, Jaurés et les Membres du Conseil National de la Résistance doivent se retourner dans leur tombe !... Mais où sont les Hugos et Jaurès du 21ème siècle ???... | |||
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