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H. Clinton avait annoncé ce soutien, elle se montre loyale. Les deux ex concurrents se sont retrouvés le 27 juin dans la petite ville de Unity, New Hampshire, un district rural. En janvier 2008, l’un et l’autre avaient fait un score égal pour les primaires, à Unity.
Ce 27 juin, deux images se dégagent
D’un côté, espoir et vie en bleu : Hillary tailleur bleu pâle, Obama cravate bleue pâle et un show émouvant. Elle annonce : "Epaule contre épaule nous luttons ensemble pour les idéaux que nous partageons". En écho, il répond : "Je sais combien nous avons besoin des deux, Bill et Hillary Clinton en tant que parti, en tant que pays dans les mois qui viennent". On en oublierait qu’il y a à peine quatre semaines, elle le présentait comme inéligible auprès des grands électeurs indépendants de la Convention du parti. On en oublierait qu’il a dénoncé les illusions des années 1990, les années Clinton. Mais, un couac entame cette atmosphère de "happy end": une femme féministe militante, entourée par d’autres militantes, vient hurler, "Nous voulons Hillary", "Nobama" (sic). Un partisan de Obama fait taire la militante : "C’est fini, madame". Mais la militante et ses amies vocifèrent et annoncent au correspondant du Times, qu’elles "veulent" Hillary et voteront pour McCain
Ces incidents sont-ils le fait d’une arrière garde ? Selon un sondage du très sérieux ABC7 en Californie, 50% des électeurs estiment, fin juin, que le sexe n’a pas joué de rôle significatif dans ces élections primaires, 55% des hommes contre 39%, considèrent que ce facteur n’importe pas ; par contre 48% des femmes contre 45% jugent que ce facteur a compté. Les électeurs de plus de 40 ans sont enclins à croire que l’élément sexe joue un rôle.
Hillary : un cadeau avec des défauts
L’hebdomadaire The Economist du 5 juin dernier s’est montré très dur pour H. Clinton. Elle a perdu 11 millions de dollars dans le financement de la campagne, n’a pas remporté la nomination, s’est humiliée En dépit de sa soi disant expérience de femme politique, elle a voté au Sénat en faveur de l’engagement en Irak, il y a six ans. Elle s’est entourée de vieux experts du lobbying politique, Mark Penn, son directeur de campagne, Terry McAuliffe, son collecteur de fonds, tous impliqués dans les années 1990. Elle s’est encombrée de son mari, cette présence ferait d’elle une femme à demi accomplie par elle-même Sans doute.
... mais un cadeau de taille !
Mais, elle a remporté 63% du vote latino américain contre 35% pour Obama et vient d’appeler cet électorat à rejoindre Obama. Cela, alors que McCain reste apprécié auprès de cet électorat pour avoir, l’été dernier, proposé avec le démocrate Edward Kennedy une réforme ouverte de la loi sur l’immigration au Sénat. McCain lutte sur ce terrain, déclarant que "l’immigration a été sa priorité, l’est aujourd’hui et le sera demain". Il peut compter sur 29% de ces électeurs 40% de ces électeurs avaient voté pour G.W. Bush en 2004
Elle vient avec le vote blanc des plus de 60 ans largement, le vote des électeurs non diplômés à plus de 40%, le vote des ménages qui gagnent entre 15 000 et 30 000 dollars annuels, et partage avec Obama le groupe des électeurs de 45 à 59 ans. Lui a attiré le vote noir pauvre.
Et puis, Hillary apporte une sorte de "gravitas", avec des paroles qui renvoient à l’histoire du parti démocrate en longue durée : "Nous sommes un parti ; nous sommes une Amérique ; et nous n’allons pas rester sans rien faire " écrit-elle sur son site web le 28 juin. Sa présence auprès d’Obama réunit les ténors du parti démocrate, tel Al Gore, et réunifie les Kennedy qui s’étaient portés, les uns sur elle et les autres, sur Obama.
Hillary "femme femme" sans Bill : un plus pour Barack
Les Américains, dans leur ensemble, condamnent le fiasco qu’est devenue à leurs yeux l’administration Bush. La candidature du sénateur noir offre un espoir de rupture radicale, de recomposition identitaire, et de sortie de guerre d’Irak. Un candidat qui, cependant, suscite des méfiances : pas assez patriote, trop élitiste, manque d’expérience, et pire, ne serait-il pas un peu musulman, via son père kenyan musulman ?
Clinton fait contre poids : blanche, traditionnellement dévouée à la famille en dépit des frasques de son mari et femme libre, capable d’avoir construit et sa carrière et sa fortune. Elle s’est inventée durant les mois des primaires un personnage de brave petit soldat de la vraie Amérique : pour Obama, son ralliement est une chance incontestable. Mais seulement 64% des électeurs de Clinton déclarent qu’ils voteront pour lui en novembre. Si quelques féministes militantes clament encore "nous voulons Hillary", il faudra trouver une position de femme salvatrice pour Hillary. McCain, son opposition à la liberté de l’avortement, son rejet des mariages homosexuels ne peuvent répondre à leurs attentes.
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auteur: Catherine Durandin en savoir plus sur l'auteur |
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la dot de hillary
une femme blanche et un homme noir, du même parti, on ne peut espèrer meilleur mélange pour enfin voir naitre une amérique respectant une justice sociale qui n'existe plus depuis le sacre bush. |
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