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Le baroud d’honneur de Ted Kennedy
L’un des moments forts de la convention démocrate de Denver restera l’apparition émouvante du sénateur du Massachusetts Edward (Ted) Kennedy à la tribune. Diagnostiqué d’un cancer du cerveau en mai dernier, et suivi médicalement depuis, le dernier des frères Kennedy a peut-être vécu sa dernière convention...
Il ne souhaitait donc pour rien au monde rater l’occasion de s’exprimer à nouveau devant un public qui lui a réservé un hommage appuyé. Un véritable baroud d’honneur plus qu’une entrée en matière pour une convention destinée à réunir le parti démocrate, comme l’a rappelé de manière convaincante Hillary Clinton le lendemain. Et une étonnante vigueur pour le jeune frère de JFK et Robert, décidé à aider les Démocrates à retrouver le chemin de la Maison-Blanche, qui a parlé à plusieurs reprises de "nouvel espoir" pour qualifier la candidature d’Obama.
Un engagement précoce derrière Barack Obama
Au-delà des symboles, la présence de Ted Kennedy à la tribune de la convention consacrant la candidature de Barack Obama est politiquement justifiée. Le sénateur du Massachusetts fut en effet l’un des premiers grands cadres du parti démocrate à soutenir, en janvier dernier, la candidature de Barack Obama, à un moment où la victoire d’Hillary Clinton dans les Primaires restait pour beaucoup inéluctable. Kennedy avait même au départ, comme la plupart de ses confrères, soutenu la sénatrice de New York, avant de se tourner vers Obama quelques jours avant le Super Tuesday, et d’entraîner derrière lui une partie des Démocrates.
Cet engagement précoce a été déterminant pour permettre l’envol du sénateur de l’Illinois, qui a ensuite enchaîné les succès électoraux. Obama doit beaucoup à Kennedy, et ce dernier se complait dans un rôle de "faiseur de roi" qui marquerait la fin d’une carrière politique bien remplie. Au-delà de son état de santé, sa présence en ouverture de la convention était prévisible.
Un prestige intact, pour un enjeu de poids
Ted Kennedy est l’un des sénateurs les plus influents et charismatiques, et à 76 ans et malgré la maladie, son prestige reste intact. Son plaidoyer en faveur du candidat démocrate et sa seule présence sont un signe fort sur l’enjeu que représente cette élection. Après huit années de présidence républicaine, et surtout après la victoire éclatante aux élections mi-mandat de novembre 2006, les Démocrates estiment qu’ils ne peuvent pas se permettre de perdre une nouvelle fois une élection présidentielle. Et le contexte économique difficile, qui favorise traditionnellement une victoire démocrate, rend quasi interdite une défaite qui aurait des conséquences graves sur l’avenir du parti et ses positionnements politiques.
Ted Kennedy, apprécié par la gauche du parti, est ainsi le symbole d’un parti de l’âne qui refuse la dérive centriste et l’appel aux électeurs conservateurs, et croit que la victoire peut se dessiner en proposant un véritable projet de société démocrate. Pour Kennedy et de nombreux démocrates, c’est l’avenir du parti qui est en jeu, et la victoire est donc obligatoire.
Le soutien du clan Kennedy, un avantage décisif pour Obama ?
Avec la présence de Caroline, fille de JFK, qui a comparé Obama à son père, et Maria Shriver, épouse du gouverneur républicain de Californie Arnold Schwarzenegger, le clan Kennedy a marqué une nouvelle fois son soutien entier à Barack Obama. L’occasion dès lors de nous interroger sur l’avantage que le sénateur de l’Illinois pourrait tirer de cet appui. Le clan Kennedy incarne encore aujourd’hui un symbole fort dans le parti démocrate, et le soutien sans équivoque de ses membres à la candidature d’Obama lui a apporté une crédibilité qui lui faisait défaut au début des Primaires, face à Hillary Clinton. Un avantage donc, sans aucun doute. La présence de Ted Kennedy à la tribune de la convention de Denver marque par ailleurs le soutien historique du parti à son candidat.
Mais à ce stade de la campagne, c’est surtout le soutien du camp Clinton qui fait défaut au candidat démocrate, et si la présence de Ted Kennedy est ainsi un hommage appuyé à l’un de ceux qui a permis qu’Obama remporte l’investiture, c’est désormais une nouvelle page dans la campagne qui se tourne, et celle-ci ne pourra être réussie pour le candidat démocrate qu’avec le soutien de l’ensemble de son parti. D’autant que les attentes sont énormes. Caroline Kennedy écrivait ainsi en janvier dernier dans le New York Times : "Je n’ai jamais eu un président qui m’a inspiré de la façon dont les gens m’ont dit que mon père les avait inspiré. Mais pour la première fois, je pense avoir trouvé l’homme qui pourrait être ce président - pas seulement pour moi mais pour une nouvelle génération d’Américains".
Mais qu’attendent exactement les électeurs démocrates d’Obama ? D’être un rassembleur du parti, ou un candidat dépassant les clivages politiques traditionnels ? Une question dont la réponse pourrait déterminer le succès du sénateur de l’Illinois au sein de son propre parti.
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auteur: Barthélémy Courmont en savoir plus sur l'auteur |
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Il est vrai qu'Obama rappelle le Président kennedy notamment par sa franchise et dynamisme mais le contexte politique américain n'est pas le même et en plus les clinton se sont ralliés par la force des choses. | |||
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KENNEDY ET OBAMA
Obama et le président Kennedy se rassemblent par certains points notamment la jeunesse, le mouvement, l'action. Il ne demeure pas moins que KENNEDY n'a pas trouvé à l'époque des opposants de son parti comme les Clinton. | |||
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