Politique


La tombe du PS
Montage : laure Cérène

Le PS est mort, vive le socialisme français ?

La crise au sein du Parti socialiste français a occupé le premier plan de l’actualité politique du week-end. Que nous révèle la guerre des dames sur le PS ?

La récupération politique de la victoire de Barack Obama devrait être pour l’UMP. Le Parti socialiste vient de rater le coche après le congrès de Reims, où aucun véritable plan de relance de l’économie française convainquant n'a été proposé aux Français, et après le fiasco de l’élection du Premier secrétaire du parti de jeudi et vendredi dernier.

 

Des socialistes divisés

 

La crise financière mondiale n’a pas réussi à rassembler les socialistes français divisés entre deux conceptions du Parti, l’une, ancrée dans la tradition, défendue par Martine Aubry, l’autre, plus médiatisée, tournée vers ce désir d’avenir d’un retour au pouvoir, incarnée par Ségolène Royal. Piètre spectacle de la gauche française qui ne profitera pas de la piteuse conjoncture économique mondiale pour se refaire une santé politique, offrant à la droite un boulevard qui doit faire regretter au président Nicolas Sarkozy sa réforme constitutionnelle limitant désormais à deux mandats successifs tout candidat à la fonction suprême de l’Etat.

 

Le PS n'a pas su évoluer depuis la fin de la guerre froide

Ce combat révèle le vide idéologique d’un parti qui n’a jamais su évoluer ou renaître depuis la chute du Mur de Berlin et la fin de la guerre froide. Surtout face à la crise économique, aucun des éléphants, hormis Dominique Strauss Kahn occupé à la tête du FMI, ne paraît crédible pour proposer une alternative réaliste à la politique économique de la droite. Coincé entre un discours rhétorique alliant développement d’un Etat d’assistance, forme d’excroissance de l’Etat-Providence, et respect des critères de Maastricht (les fameux 3% de l’équilibre budgétaire), tout en prenant soin de rallier la grande partie de sa clientèle électorale, le PS dispose d’une marge de manoeuvre trop étroite, fort de ses expériences au pouvoir déçues, et d’un positionnement politique assez flou dans l’opinion.

 

Un parti au bord de l'implosion

 

La tâche du prochain Premier secrétaire sera ardue voire impossible dans les conditions actuelles

Cette âpre guerre des dames questionne l’avenir d’un PS au bord de l’implosion. La commission d’arbitrage saura peut-être trouver un accord entre les deux camps en lice. Toutefois, la tâche du prochain Premier secrétaire du PS sera très ardue, voire impossible dans les conditions actuelles : élaborer un programme et une stratégie de reconquête du pouvoir, rassembler tous les courants socialistes, encaisser un échec inévitable aux élections régionales, où la gauche qui détient la présidence de 21 régions risque fort de reculer, ainsi qu’aux élections européennes, qui clive le parti à chaque scrutin, phénomène renforcé en 2009 avec le départ des "nonistes" conduits par le sénateur Jean Luc Mélenchon.

 

Finalement, la bataille Aubry-Royal reflète les limites culturelles de la loi sur la parité en politique, et, surtout, l’évolution sociologique d’un parti, probablement de plus en plus féminisé et bourgeois, éloigné du pacte fondateur (mais il nous faut avouer que sur ce point les études demeurent rares), ainsi que l'incapacité des partis politiques français à renouveler leurs leaders.

 

Le camp Aubry rassemble les anti-royalistes, c’est-à-dire les éléphants et les fédérations qui n’ont pas su digérer le résultat des primaires de 2006, unis derrière une candidate seule capable de battre "loyalement" une autre candidate, ancienne représentante du parti au scrutin présidentielle de 2007. La victoire d’un candidat aurait probablement aggravé les divisions internes, d’autant que Ségolène Royal, contrainte à être candidate au poste de Premier secrétaire à la veille du congrès de Reims, ne cesse de se présenter en victime. Ce qui peut expliquer en partie le retrait du maire de Paris qui conserve ainsi ses chances pour les présidentielles de 2012.

 

Il reste aux socialistes français à (re)fonder un projet clair et rassembleur ancré dans le XXIe siècle à l’image de celui du candidat démocrate à la présidence américaine. Comme le disait Milton, "long et dur est le chemin qui, des ténèbres, mène à la lumière" (Paradis Perdu).

auteur: Frédéric George
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de Marianne le 25/11/2008 à 17h09


Ce combat révèle aussi, et surtout la fin d'une démocratie : sans opposition structurée, un parti au pouvoir ayantles mains libres de promulguer quelque loi qui lui semble bonne, se nomme ad minima une autocratie.
Par ailleurs, que le PS coule de façon visible "à cause" de femmes politiques inconséquentes a peu d'importance. Auparavant, il a été, je le rappelle à toutes fins utiles et pour balayer tout sexisme inutile, question d'un homme vide de sa suprématie, qui, durant onze années a dirigé de façon peremptoire, dogmatique et obscurantiste ce parti.

Aussi, en tant que citoyenne, je préfererai voir des personnes compétentes à la tête du PS (homme ou -et-femme.)de façon à ce qu'en France l'on puisse, sans baisser les yeux, parler de démocratie.

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de valentini le 26/11/2008 à 13h18
A Dame Marianne qui fête Démocratie, comme Chimène, Rodrigue.

Le socialisme républicain fait parler de lui. Pas comme il le souhaite sans doute, mais enfin il fait parler de lui, et d'elles! Le semblable. C'est mieux que rien quand on vit de messages augustes et d'images impériales. Pube et liberté sont facteurs de puberté et donc de virginité garantie. Une assemblée de grenouilles de bénitier le houspille, l'adjure, le conjure, l'engage à parler, qu'il dise enfin qu'il n'est pas çui qu'on croyait! Un marxisme raté. Il a pourtant tout fait pour qu'il en soit ainsi de Jaurès à Blum et de Blum à Mitterand, tous fiers d'être français. Car être Français, c'est racheter le monde, en trouvant les justes mots, planqués sous le matelas des ogres et bougres de la finance.
Mais trêve de balivernes, revenons à lui en tant que telle pensée perdue! Pour traquer le pink en lui, devenons les Pinkerton du nouveau monde qui vient. Tout le monde peut constater d'abord que la gauche utile ne dédaigne pas, loin de là, l'inutilité des coups et blessures de chapelles, ordinairement attribuée aux extrêmes et autres groupuscules, ces RUStres qui donnent dans le totalitarISME ou politique de la terre brûlée. En conséquence de quoi, le réel, comme la femme au foyer ou le christ sur l'autel, n'a plus qu'à attendre que vienne à lui ou elle, l'effort viril de transformation du monde qu'on nomme, en république française, changer la vie ou rupture avec soi, sans concession. A peuple de psychologues, redoutable catalogue.
Ce constat plutôt banal, mais que nul ou presque ne voit, mériterait plusieurs vraies observations qui diffèrent de l'enregistrement médiumnique et parlementaire, en ce qu'elles se savent mues par une pensée qui les précède, contrairement aux observations pur jus qui le nient farouchement. C'est que le besoin de penser leur vient pareillement aux fesses qui, le matin, pour ce faire se posent à l'endroit qu'il convient. La première chose à rappeler est donc que la souveraineté quand bien même républicaine ne se partage pas et même qu'elle s'impose aux autres. C'est un fait d'expérience pour qui s'est engagé dans une lutte perpétuelle à la paix avec soi. La démocratie n'abolit pas la lutte au droit du plus fort à gouverner, au contraire, elle l'exalte. A la fin, il ne peut (provisoirement, s'entend) n'en rester qu'un. Cette logique est aussi celle de l'économie politique pour qui le monde est un tout insaisissable, se révolutionnant sans cesse (révolutionnaires s'abstenir!), et qui ne peut par conséquent être l'objet d'une pensée totale, sous peine de totalitarisme. Cette coquille coquine ne l'empêche pas d'énoncer à ce propos un jugement tout aussi viril que définitif. Elle sait qu'on n'a pas à savoir ce qui n'est pas. L'expérience de ce qui est mal, revenant en dernier ressort aux meilleurs. Ces meilleurs, étant soigneusement sélectionnés par les corps institués. Et eux-mêmes pas à pas patiemment, se constituant depuis des siècles, au prix de tâtonnements intuitifs et d'erreurs inévitables, de toute façon forcloses.
Le socialisme républicain est donc pris dans un de ces chahuts où l'amour du prochain en vient aux mains, c'est humain! Il y a des façons plus ou moins élégantes de se retrouver qui varie entre ineffable élégie et charivari monté comme un âne. Si se faire foutre est un moment pénible d'acculturation limite indigne, il promeut néanmoins la sagesse, comme jadis l'enseignait Charles Fourier, en se riant du grand foutoir démocratique. Mais de ce côté-ci du monde, cette opinion est si bien bouclée à l'allemande que la boucler est considéré comme chose raisonnable.
L'autre fait, à nos yeux, fondamental est que cet épisode rappelle une célèbre pube: parti ou état, il faut choisir. Marx, le plus libéral d'entre les intellectuels européens de son époque, l'a dit aux libéraux qui lui ont préféré le libéralisme, un étatisme. Messieurs et mesdames les socialistes français qui refont le monde, comme leur collègue ex-ministre de l'intérieur, passionné d'identité de toutes sortes, un jour poisson, un jour oiseau, croient possible d'être juge suprême et partie opprimée d'une même nationale patrie, tout en s'ouvrant au monde conçu comme une image en plus vaste de la société française. Fatalement, ils se font les bourreaux d'eux-mêmes, mais au lieu d'en rire, montrent une gueule 100% réactionnaire. Chose qui plaît du côté des ministères.

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