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Hillary clinton et Barack Obama

Duel Obama-Clinton : un suspens risqué

A l'issue du scrutin du 22 avril en Pennsylvanie, Hillary Clinton reste en piste pour l'investiture démocrate dans un contexte houleux. Les "super délégués" seront désormais déterminants. Mais si le combat Clinton / Obama se poursuit aussi durement, le vrai perdant risque d'être le Parti démocrate...

Le 22 avril, après des semaines de campagne que les électeurs jugent déplaisante dans le ton et inutilement négative, les résultats du vote de Pennsylvanie sont tombés : Clinton 55 %, Obama 45%. Les jeux ne sont pas faits pour autant. Barack Obama reste en tête : il dispose de 1464 "délégués ordinaires" contre 1302 à son adversaire et il a gagné 68 "super délégués" depuis février contre 2 en faveur d’Hillary Clinton. Enfin, il la devance dans le vote populaire. Quel est donc le sens de cette résistance anti-Obama qui vient de se manifester ?

 

Un contexte houleux

 

Le 21 avril, David Axelrod, conseiller de campagne d'Obama s’est exprimé sur CNN : les sondages montrent  alors un léger déclin des intentions de vote du 22 avril pour Obama en Pennsylvanie. Axelrod dit ne pas être  inquiet : il faudra poursuivre Etat par Etat et délégué par délégué. En réalité, cette déclaration témoigne des angoisses démocrates. Car le 22 avril, les Primaires en Pennsylvanie constituent un test capital pour le Parti dans le processus qui conduit à la Maison Blanche. La poursuite du combat acharné Obama / Clinton, sans que le gagnant ne se dégage, peut fortement nuire aux Démocrates.

 

Le vote en Pennsylvanie est en effet très important. Par sa puissance démographique, il s'agit du sixième plus grand Etat américain. Par ses caractéristiques socio-économiques disparates (Pittsburgh est en déclin, alors que Philadelphie est embarquée dans l’essor du corridor Washington-Boston), cet Etat témoigne de la nature socialement très contrastée de l’électorat démocrate. Avec la Pennsylvanie, la question était de savoir si Obama réussirait à rallier l’électorat masculin blanc de classe moyenne qu’Hillary revendique. L’enjeu "racial" est ici repérable. Le racisme commence d'ailleurs à s’exprimer ouvertement dans les conversations quotidiennes. On accuse Obama d'être faible et aisément manipulable par des noirs fanatisés !


Obama a trébuché il y a une semaine, déclarant que les "Pennsylvaniens sont amers, frustrés, attachés à leurs églises et à leurs fusils". Clinton s’est tout de suite posée en fille de la véritable Amérique, se lançant dans des déclarations enthousiastes sur le tir, buvant cul sec un mélange traditionnel de bière et de whisky médiocre avec ses supporters… La mise en scène était bonne, alors que le contenu du dernier débat entre les deux adversaires fut faible. Cette agressivité est dangereuse pour le Parti, deux tiers des électeurs de Pennsylvanie s’en plaignent : que se passera t-il après la Convention démocrate de Denver fin août, si l’électorat attaché à Hillary ou à Obama, n’accepte pas de se rallier à l’autre candidat ?

 

Tout se jouera sur les "super délégués"

 

En Pennsylvanie, comme dans chaque Etat, s'est jouée l’élection des délégués du Parti Démocrate à la Convention d’août. Ils sont élus au suffrage universel et leur nombre est proportionnel à la taille de la population. Après ce scrutin du 22 avril, Obama est pour l'instant en tête avec 1464 "délégués ordinaires" contre 1302 à son adversaire. Or il n'en reste plus que 406 à attribuer. Aucun des deux candidats ne peut donc être majoritaire avec les seuls délégués "ordinaires".

 

Ce sont donc les super délégués ("unpledged delegates", délégués "non engagés") qui feront la différence. Il s'agit des cadres du parti : membres démocrates du Congrès américain, membres du comité national démocrate, gouverneurs démocrates et tous les anciens présidents et vice-présidents démocrates, etc. Ils sont nommés, libres de voter pour qui ils souhaitent et peuvent même changer d'avis d'ici à la convention. Ils représentent 1/5 du total des délégués et vont donc faire la différence au final. A ce jour, le parti démocrate compte 794 "super délégués" : 231 pro-Obama, 255 pro-Clinton, 308  neutres. Ces derniers n'ont pas encore annoncé leur choix. Le suspens est donc intact ! Car le vote populaire est encore favorable à Obama et jouera à plein dans les prochains scrutins. Hillary va donc s’attacher à décrocher l’approbation du maximum de "super délégués". Le 22 avril au soir, dès le résultat du scrutin, le gouverneur démocrate Brad Henry de l’Oklahoma se déclare pour Obama...

 

Une lutte féroce qui laissera des traces

 

Chaque faux pas, quant à l’expression du patriotisme notamment, coûte cher. Les Clinton présentent Obama comme élitiste, intellectuel et trop  atypique. En Pennsylvanie, les Clinton, Bill en particulier, sont populaires. Obama gagne les voix des très pauvres comme des très riches, et celles des nouveaux très jeunes électeurs. Hillary touche les couches moyennes et les hommes blancs en Pennsylvanie.


Les accusations lancées par les candidats se font basses : Obama dénonce la campagne "dégoûtante de Clinton". Hillary accuse Obama de "pleurnicher". Elle est à cours de financement pour sa campagne, il est renfloué par les dons des particuliers. Le fond des programmes, très proche l'un de l'autre, passe au second plan.  McCain qui conserve un profil bas, marque des points.


Il y eut pourtant, à la veille du vote, des moments de qualité. Le 20 avril, CNN organisait un entretien avec chacun des candidats sous la rubrique "Compassion Forum" au Messiah College de Grantham en Pennsylvanie : relation religion-politique, spiritualité de Barack Obama et enfance en Indonésie musulmane, sont à l’ordre du jour. Obama plaide l’éviction des chapelles religieuses hors de l’espace politique public tout en garantissant le respect des croyances. Il explique avoir connu l’Islam de la tolérance et de la modernité. Il est applaudi. Mais l’électorat  catholique ne lui est pas favorable.


L’élection continue de passionner l'Amérique. Mais l’inquiétude commence à se lire dans les conversations des électeurs. Car le combat Clinton / Obama place l’Amérique face à la fracture de la race au plus profond de son identité. L’une des forces de Clinton est de répéter qu’elle unit quand Obama divise...

 

auteur: Catherine Durandin
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sur contre-feux.com

de Jean Dumas le 07/05/2008 à 16h03
Qui trop embrase...mal étreint!

Ce titre en référence aux dernières déclarations d'Hilary Clinton qui accuse Obama d'être le candidat des snobs, alors qu'elle serait...la candidate des prolétaires!!!
Les américains ne sont pas près à élire un noir, alors encore moins une femme!!
Soyons réalistes, Mac Cain est en passe de devenir le nouveau président, et sur le même modèle que ce qui s'est passé en France lors des élections il y a tout juste un an. Toute l'attention s'était alors concentrée sur la lutte interne au P.S. de l'investiture à la candidature, comme si Sarkozy n'existait plus, ou plutôt comme s'il avait déjà été élu!!
Tout se jouera entre les super délégués pour la lutte interne au parti démocrate, d'autant plus avec les résultats en Indiana qui donnent une courte avance à Clinton.
Mais en ce qui concerne le vrai combat, la Maison Blanche, les jeux semblent déjà faits...

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