LES ARTICLES LES PLUS :
DéBAT
La leçon de sarkozysme d'Eric Woerth
lire l'article
Billets
Populisme et décence ordinaire
lire l'article
International
Pourquoi la Turquie n’a pas rompu avec Israël
lire l'article
THEMES :
- Afghanistan
- Afrique
- art
- banques
- Berlusconi
- Brésil
- capitalisme
- changement climatique
- Chine
- chômage
- cinéma
- Clinton
- Corée
- crise financière
- crise économique
- croissance
- Delanoë
- droits de l'homme
- démocratie
- emploi
- environnement
- Etats-Unis
- Europe
- finance
- France
- gauche
- guerre
- génocide
- géopolitique
- histoire
- immigration
- Inde
- inflation
- Internet
- Iran
- islam
- Israël
- Italie
- Jeux Olympiques
- justice
- libéralisme
- littérature
- mafia
- mondialisation
- musique
- médias
- nucléaire
- Obama
- Occident
- OTAN
- Palestine
- pauvreté
- philosophie
- presse
- prison
- PS
- pétrole
- recherche
- religion
- retraites
- Royal
- Russie
- réformes
- santé
- Sarkozy
- sociologie
- société
- terrorisme
- Tibet
- Turquie
- télévision
- écologie
- élections
- élections américaines
- énergie
Politique
Quelle place pour le MoDem dans notre système politique ?
Le résultat décevant du MoDem aux élections européennes, au regard des attentes exprimées et des sondages effectués avant le scrutin, illustre bien les dilemmes et les difficultés auxquels le parti de François Bayrou se trouve confronté.
Dans un scrutin qui lui était a priori favorable (enjeux européens, scrutin de listes dans de grandes circonscriptions régionales), le parti centriste ne recueille en effet que 8,5 % des voix, résultat qui atteste d’un périmètre électoral limité. Le MoDem se retrouve ainsi à un niveau similaire à celui des législatives de 2007 (7,6 %) et inférieur aux Européennes de 2004 (12 %), loin du score obtenu par François Bayrou au premier tour des présidentielles de 2007 avec 18,5 %.
Une situation unique dans l'histoire du centrisme
La comparaison de ces différents résultats donne un premier enseignement : le scrutin de 2007 reste exceptionnel dans l’histoire du centrisme en France, généralement confiné au rôle de force politique d’appoint dans des coalitions de droite sous la Ve République.
La première raison de cette situation durable tient à plusieurs éléments institutionnels. Dans un système politique structuré par un scrutin majoritaire, même à deux tours, la tendance à la bipolarisation reste forte en raison des nécessaires coalitions à établir pour espérer l’emporter au second tour. Si les différents candidats du centre-droit, à l’exception notable de Valéry Giscard d’Estaing en 1974, furent tous éliminés de la primaire à droite, l’ancrage de l’UDF dans les différentes coalitions conservatrices ne s’était jamais vraiment démenti jusqu’en 2002, laissant espérer voir un centriste accéder à l’occasion au second tour.
La rupture engendrée par la création de l’UMP en 2002 et par le refus de François Bayrou de voir le centrisme être dilué dans la nouvelle entité interdit désormais au MoDem toute possibilité d’alliance à droite, position préemptée par le Nouveau Centre, rejetant ainsi durablement le MoDem dans l’opposition, sauf à établir une coalition alternative avec la gauche.
Un parti focalisé sur son président
Or, les formes organisationnelles, la doctrine comme la stratégie principalement suivies jusque-là par François Bayrou et le MoDem rendent improbable, voire impossible, un tel renversement d’alliances. Comme les formations centristes qui l’ont précédé, le MoDem est en effet un parti faible d’un point de vue organisationnel, qui ne peut compter ni sur un nombre élevé de militants, ni sur un réseau d’élus (phénomène plus inhabituel dans le cas du centrisme français souvent animé par des notables locaux), autant de contraintes qui l’empêchent d’asseoir véritablement sa place dans le système de partis français.
Et même si les choses peuvent toujours évoluer, il apparaît raisonnable d’anticiper le maintien du parti sous sa forme actuelle de "machine électorale" essentiellement destinée à soutenir la stratégie de son leader. Car l’autre spécificité du MoDem dans l’histoire du centrisme en France est cette focalisation presque exclusive sur la personnalité de son président, François Bayrou, qui en fait un parti "présidentiel".
On y retrouve en effet nombre de traits habituels des formations soutenant un candidat, voire un président en exercice : doctrine composite associant ici conservatisme social, réformisme politique et libéralisme économique ; leadership concentré sur la figure principale, qui empêche de voir émerger véritablement des leaders alternatifs ; activation périodique, essentiellement lors des élections présidentielles.
Le rôle de "l'opposant absolu"
Là où le bât blesse, c’est que cette caractéristique organisationnelle, être une formation présidentielle, perdure en l’absence de victoire électorale et dans un espace politique restreint par l’impossibilité à tisser des coalitions à droite, espace maintenant occupé par l’UMP, comme à gauche, où le PS doit d’abord s’inquiéter de l’extrême gauche et plus encore désormais, des Verts.
La "dérive" récente de François Bayrou dans une forme (douce) de radicalisation aux accents parfois populistes est la conséquence logique de ces contraintes institutionnelles et de ces impasses organisationnelles et stratégiques.
Incapable de tisser des alliances, peu déterminé idéologiquement et confiné électoralement, François Bayrou n’a plus que le rôle de "l’opposant absolu" à sa disposition : opposition au pouvoir en place, et en particulier à Nicolas Sarkozy ; opposition aux formations traditionnelles, accusées de monopoliser le pouvoir au détriment des citoyens ; opposition enfin au "système" politico-institutionnel considéré comme déséquilibré (au détriment du Parlement) et injuste, en raison du scrutin majoritaire. Conséquence paradoxale de cette évolution, le centre aujourd’hui en France se trouve, sans doute durablement, à la périphérie du système politique.
|
auteur: Yves Surel en savoir plus sur l'auteur |
Créez votre profil
pour noter, réagir
et écrire
sur contre-feux.com
|
qu'est-ce que le modem a à proposer;;;?
... en dehors de la figure plus ou moins charismatique de son leader? | |||
répondre à cette réaction
|
noter cette réaction |
signaler un abus
|
|









