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Quelle place pour le MoDem dans notre système politique ?

Le résultat décevant du MoDem aux élections européennes, au regard des attentes exprimées et des sondages effectués avant le scrutin, illustre bien les dilemmes et les difficultés auxquels le parti de François Bayrou se trouve confronté.

Dans un scrutin qui lui était a priori favorable (enjeux européens, scrutin de listes dans de grandes circonscriptions régionales), le parti centriste ne recueille en effet que 8,5 % des voix, résultat qui atteste d’un périmètre électoral limité. Le MoDem se retrouve ainsi à un niveau similaire à celui des législatives de 2007 (7,6 %) et inférieur aux Européennes de 2004 (12 %), loin du score obtenu par François Bayrou au premier tour des présidentielles de 2007 avec 18,5 %.

 

Une situation unique dans l'histoire du centrisme

 

La comparaison de ces différents résultats donne un premier enseignement : le scrutin de 2007 reste exceptionnel dans l’histoire du centrisme en France, généralement confiné au rôle de force politique d’appoint dans des coalitions de droite sous la Ve République.

 

La création de l'UMP en 2002 rejette le MoDem dans l'opposition

La première raison de cette situation durable tient à plusieurs éléments institutionnels. Dans un système politique structuré par un scrutin majoritaire, même à deux tours, la tendance à la bipolarisation reste forte en raison des nécessaires coalitions à établir pour espérer l’emporter au second tour. Si les différents candidats du centre-droit, à l’exception notable de Valéry Giscard d’Estaing en 1974, furent tous éliminés de la primaire à droite, l’ancrage de l’UDF dans les différentes coalitions conservatrices ne s’était jamais vraiment démenti jusqu’en 2002, laissant espérer voir un centriste accéder à l’occasion au second tour.

 

La rupture engendrée par la création de l’UMP en 2002 et par le refus de François Bayrou de voir le centrisme être dilué dans la nouvelle entité interdit désormais au MoDem toute possibilité d’alliance à droite, position préemptée par le Nouveau Centre, rejetant ainsi durablement le MoDem dans l’opposition, sauf à établir une coalition alternative avec la gauche.

 

Un parti focalisé sur son président

 

Une "machine électorale" destinée à soutenir la stratégie de son leader

Or, les formes organisationnelles, la doctrine comme la stratégie principalement suivies jusque-là par François Bayrou et le MoDem rendent improbable, voire impossible, un tel renversement d’alliances. Comme les formations centristes qui l’ont précédé, le MoDem est en effet un parti faible d’un point de vue organisationnel, qui ne peut compter ni sur un nombre élevé de militants, ni sur un réseau d’élus (phénomène plus inhabituel dans le cas du centrisme français souvent animé par des notables locaux), autant de contraintes qui l’empêchent d’asseoir véritablement sa place dans le système de partis français.

 

Et même si les choses peuvent toujours évoluer, il apparaît raisonnable d’anticiper le maintien du parti sous sa forme actuelle de "machine électorale" essentiellement destinée à soutenir la stratégie de son leader. Car l’autre spécificité du MoDem dans l’histoire du centrisme en France est cette focalisation presque exclusive sur la personnalité de son président, François Bayrou, qui en fait un parti "présidentiel".

 

On y retrouve en effet nombre de traits habituels des formations soutenant un candidat, voire un président en exercice : doctrine composite associant ici conservatisme social, réformisme politique et libéralisme économique ; leadership concentré sur la figure principale, qui empêche de voir émerger véritablement des leaders alternatifs ; activation périodique, essentiellement lors des élections présidentielles.

 

Le rôle de "l'opposant absolu"

 

Là où le bât blesse, c’est que cette caractéristique organisationnelle, être une formation présidentielle, perdure en l’absence de victoire électorale et dans un espace politique restreint par l’impossibilité à tisser des coalitions à droite, espace maintenant occupé par l’UMP, comme à gauche, où le PS doit d’abord s’inquiéter de l’extrême gauche et plus encore désormais, des Verts.

 

La "dérive" récente de François Bayrou dans une forme (douce) de radicalisation aux accents parfois populistes est la conséquence logique de ces contraintes institutionnelles et de ces impasses organisationnelles et stratégiques.

 

Incapable de tisser des alliances, peu déterminé idéologiquement et confiné électoralement, François Bayrou n’a plus que le rôle de "l’opposant absolu" à sa disposition : opposition au pouvoir en place, et en particulier à Nicolas Sarkozy ; opposition aux formations traditionnelles, accusées de monopoliser le pouvoir au détriment des citoyens ; opposition enfin au "système" politico-institutionnel considéré comme déséquilibré (au détriment du Parlement) et injuste, en raison du scrutin majoritaire. Conséquence paradoxale de cette évolution, le centre aujourd’hui en France se trouve, sans doute durablement, à la périphérie du système politique.

auteur: Yves Surel
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sur contre-feux.com

de jackieh le 15/06/2009 à 20h13
qu'est-ce que le modem a à proposer;;;?

... en dehors de la figure plus ou moins charismatique de son leader?
Qu'a-t-il à proposer en termes d'idées, en termes de solutions aux problèmes actuels?
Qu'a-t-il à proposer comme projet de société?
Qu'a-t-il à proposer en la matière qui soit innovant par rapport à ce que proposent les autres formations politiques (si tant est qu'elles proposent quelque chose)?
De ce côté-là, j'ai bien peur que ce soit le vide total...
Et quand on n'a rien à proposer, on se rabat sur le culte de la personnalité (la figure du leader), l'ambition personnelle du chef et le rôle d'opposant absolu anti-tout (anti-tout ce qui n'est pas soi s'entend...)
Déjà que même avec beaucoup de charisme (ce qui était le cas d'un certain JMLP) ce n'est déjà pas évident d'arriver à compter vraiment dans ces conditions...
Alors pour peu que le leader lui-même soit limité en charisme, voilà un parti - et un dirigeant - condamnés à rester marginaux dans le paysage politique...
Mais sans doute est-il naïf de croire encore qu'en politique, tout commence par des idées !

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