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Quels défis pour la présidence française de l'UE ?

La présidence française de l'UE à partir du 1er juillet s'annonce périlleuse à maints égards. Pour Nicolas Sarkozy, toujours très bas dans les sondages, qui a là une chance de jouer les fins stratèges. Mais pour l'Europe surtout qui doit relever des défis cruciaux : un échec serait retentissant…

Après les non français et néerlandais à la ratification du projet de Constitution pour l’Europe, les Chefs d’Etats et de gouvernement, sous le leadership de la chancelière allemande Angela Merkel (et non l’impulsion du Président Sarkozy comme la presse française l’affirme de façon imprécise) ont dépassé la crise en s’accordant sur un projet de Traité, celui de Lisbonne, qui reprend l’essentiel de la défunte Constitution. Seuls les symboles de l’Union sont passés à la trappe.

 

Ce nouveau Traité est en cours de ratification dans les capitales européennes, et des surprises ne sont pas pour autant à exclure. Le récent "non" irlandais au référendum sur la question en est un bel exemple. Prochain obstacle possible : le Royaume Uni qui doit ratifier le Traité au courant de l’été. L’impopularité croissante de Gordon Brown, l’opposition de l’opinion publique au nouveau texte, unis à une campagne médias grandissante et à la naissante fronde à l’intérieur du Labour, compliquent la tâche du Premier Ministre britannique, qui persiste à vouloir ratifier le Traité par voie parlementaire. Il faut espérer que Gordon Brown tiendra sa position, évitant un rejet du Traité qui ouvrirait une nouvelle crise institutionnelle au sein de l’Union.

 

Si le processus de ratification passe ces écueils, la Présidence française sera alors la dernière présidence semestrielle de l’histoire européenne

 

A partir du 1er janvier 2009, le nouveau Haut représentant pour la politique étrangère et de défense devrait rentrer en fonction, en abolissant ainsi la rotation dans ce domaine, suivi quelques mois après par le nouveau Président du Conseil Européen (Jean-Claude Junker ayant les faveurs de Paris pour ce poste, après la malheureuse candidature Blair). Paris doit gérer cette transition, et notamment on espère dans la capitale française pouvoir influencer le choix des nouveaux dirigeants européens, ainsi que leur agenda futur. De plus, Paris est appelé à spécifier les dispositions du Traité n’ayant pas été précisé lors de la rédaction du Traité de Lisbonne. En matière de Politique Européenne de Sécurité et Défense (PESD) pour ne fournir qu’un exemple, il faudra spécifier les critères régissant les coopérations structurées permanentes, instrument législatif qui devrait permettre aux Etats membres le souhaitant d’aller plus loin et plus vite en matière de développement des capacités militaires, sans attendre un consensus à 27.

 

Quatre priorités ont été fixées par le Président français : l’immigration, l’environnement, l’énergie et la défense

 

La France souhaite que les 27 s’accordent pour faire progresser les compétences de l’UE sur ces thèmes. En matière de migrations, la France souhaite obtenir l’accord des 26 partenaires pour signer un Pacte européen sur les migrations. Ce pacte devrait réaffirmer la nécessité pour les économies européennes d’accueillir des migrants qualifiés, et leur volonté de lutter contre le phénomène de l’immigration clandestine. Des accords européens d’expulsion conjointe de clandestins sont vivement souhaités à Paris. Ce thème, qui fait l’unanimité en Europe, ne devrait pas poser de problème spécifique.

 

Prenons l’énergie et l’environnement par exemple. Nicolas Sarkozy, apôtre de la diplomatie du nucléaire qui l’a amené a signer des accords de transfert de technologies nucléaires civiles vers plusieurs pays d’Afrique du Nord, voudrait une relance du nucléaire à l’échelle européenne, qui bénéficierait certainement à l’industrie française et un engagement des Etats partenaires au dépassement du Protocole de Kyoto vers des objectifs de plus en plus ambitieux. Angela Merkel, qui gouverne l’Allemagne à la tête d’une grande coalition au sein de laquelle le partenaire social-démocrate ne veut pas entendre parler d’énergie nucléaire, devrait s’opposer au projet français et appeler les Etats européens à fixer des quotas ambitieux de production d’énergies renouvelables.

 

Le véritable obstacle au succès de la Présidence française sera comme d’habitude le Royaume Uni

 

S’il y a quelques mois on pouvait douter de la coopération britannique à la relance de l’Europe, les derniers revers électoraux de Gordon Brown, devancé désormais de 20 points par le leader conservateur David Cameron, le mettent en position fort inconfortable pour accepter toute avancée dans deux domaines indiqués comme prioritaires par Nicolas Sarkozy.

 

En matière de refonte de la Politique Agricole Commune, la France souhaiterait une révision globale de cette politique, ce qui amènerait à rouvrir les débats sur le budget de l’UE et notamment sur le rabais britannique.
En matière de relance de l’Europe de la Défense, Paris souhaite obtenir la création d’un centre de commandement et de planification des opérations autonome, projet auquel les pays ayant une forte sensibilité otanienne s’opposent depuis toujours, estimant qu’il s’agirait d’une duplication. Les missions militaires menées sous l’égide de l’UE sont commandés et planifiés actuellement à partir du SHAPE, le centre de commandement de l’OTAN. Bref, Londres, sous les feux de la presse tabloïd et de la montée en puissance des tories  pourrait être peu coopérative au succès de la Présidence française de l’UE.

 

Le gouvernement français dès lors, devrait chercher beaucoup moins les flashes des médias pour des succès d’image éphémère, et chercher à influencer l’agenda des nouvelles institutions européennes, pour imposer ses sujets prioritaires à l’échelle communautaire. Si, faute d’un calendrier viable, ces avancées ne peuvent être obtenues en 2008, il est important que ces sujets soient ancrés dans le calendrier futur des débats européens. Et le succès de l’Europe, même à long terme, est bien plus important que le succès d’un de ses présidents…

auteur: Fabio Liberti
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de kako le 01/07/2008 à 02h20

je souhairetais simplement qu'on arrête de laisser penser aux lecteurs que la France, en la personne de son président, va présider l'Union Européenne. C'est faux !!! la France prend la présidence du conseil européen pour six mois; ce n'est pas pareil! Ce n'est pas comme si l'Europe avait un président un peu comme la France. En réalité, le poids politique du président du conseil n'est pas plus important que celui des autres président des autres instances européenne. Ce glissement sémantique est dangereux, et induit nos compatriotes en erreur.

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