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Union pour la Méditerranée : il faut y croire !
Le 13 juillet, une cinquantaine de dirigeants étrangers sont invités à Paris pour le sommet de lancement de l'Union pour la Méditerranée (UPM). Ce projet est aujourd'hui sous le feu des critiques. Pourtant, ne faut-il pas y croire ?

L’Union pour la Méditerranée, projet avancé par Nicolas Sarkozy durant la campagne électorale de 2007, confirmé depuis, tombe  aujourd’hui sous le feu des critiques : écorné, nébuleux, romance… La vision d’un espace de coopération entre Europe et pays riverains de la Méditerranée  est  loin de susciter les ralliements attendus qu’il s’agisse des partenaires européens, des partenaires du Maghreb et du Moyen- Orient ou des citoyens français. Les analystes dénoncent une concurrence entre l’attention à porter à l’UE en crise et les perspectives de coopération renforcée au sein de l’espace Méditerranée.  Et pourtant, à considérer sur le long terme, ce projet est loin d’être vide de perspectives.

 

Les coulisses, les débuts, les annonces

 

Que la Méditerranée soit un espace de civilisation partagée, qui le contesterait ? La guerre froide a cassé cet espace d’échanges du fait des ralliements des uns à Moscou - ce fut le cas de l’Egypte de Nasser après la crise de Suez en 1956- ou à Washington- ce fut le cas de la Turquie intégrée dans l’OTAN, en 1952. La décolonisation et la guerre d’Algérie, ont laissé des mémoires fracturées.  Depuis quelques années l’administration Bush, nourrie par la vision géopolitique des néo conservateurs, a misé sur le Grand Moyen Orient et sa démocratisation, avec deux priorités : assurer la sécurité d’Israël et contrôler les pétroles irakiens. Washington s’est attachée à un second axe géopolitique : la Mer Noire.  Ici, la compétition d’influence se joue avec Moscou qui proteste lorsque l’OTAN  prétend  intégrer Géorgie et Ukraine et quand les Etats-Unis installent des bases militaires en Roumanie et en Bulgarie.

 

Paris ne s’est pas impliqué dans le projet néo conservateur du Grand Moyen Orient et n’a rallié que tardivement, dans un esprit de coopération européenne, la stratégie Mer Noire. Il donc est intéressant, dans ce contexte, que la présidence Sarkozy propose une autre vision : celle de la coopération entre l’UE et les pays riverains de la Méditerranée et ouvre des perspectives nouvelles ou renouvelée de liens  concrets avec le Maghreb et le Moyen Orient.  Il ne s’agit pas d’un geste léger : dès novembre 1995, les ministres des affaires étrangères de l’UE avaient posé à Barcelone le cadre d’un partenariat euro méditerranéen, à dimension bilatérale et régionale. Ce partenariat s’enlisant, Sarkozy candidat, puis président, à Tanger le 23 octobre 2007 puis à Tunis, le 30 avril 2008, relance cette perspective de coopération. Les candidats désireux de s’engager dans ce processus sont invités à la conférence de Paris, le 13 juillet 2008.

 

Incertitudes et critiques

 

L’Elysée a commis plusieurs erreurs tactiques : l’une fut de comparer, lors du discours de Tanger, les débuts du projet Méditerranée avec ceux de l’Union Européenne en 1957. De là à penser que le futur portait vers le Sud au risque de l’oubli de l’extension de l’UE à l’Est,  ou de la désertion de l’UE pour choix d’une autre grande stratégie, le pas fut franchi. Angela Merkel, alertée en décembre 2007 déjà, a obtenu de Paris un réajustement de la formulation du projet, recadré dans l’UE en tant que "Processus de Barcelone : union pour la Méditerranée".

 

La seconde erreur est de proposer aux participants la date du 13 juillet et d’inviter aux cérémonies du 14 juillet des personnalités contestées telle que le chef d’état syrien. Au-delà de la symbolique trop emphatique de ce calendrier,  c’est le temps de préparation qui a fait défaut : Paris n’a pas pris la mesure de Kadhafi et de sa volonté d’apparaître  comme le garant des intérêts de la Ligue arabe et de l’Union africaine. La visite de Fillon à Alger, le 22 juin 2008, ne suffit pas, en dépit des accords militaires et nucléaires passés avec l’Algérie à soulever l’enthousiasme  du président Bouteflika qui redoute le trop de poids accordé au Maroc ou à la Tunisie dans le projet. Maroc et Tunisie, sont deux candidats convaincus. L’Egypte se montre intéressée.  Mais, et ce mais est de taille : quelles seront les relations avec Israël ? La diplomatie française n’en est qu’aux premiers pas de relance des conversations avec la Syrie et d’implication dans le futur de la Palestine.

 

Et pourtant… Ne faut-il  pas y croire ?

 

Oui, le calendrier est mauvais. Les six mois qui viennent  devaient être consacrés à  la gestion de la présidence de l’UE. Précipiter l’Union pour la Méditerranée est, sans nul doute, une manière de courir à l’échec, en juillet. Or les 27 états membres de l’Union, 13 membres du Processus de Barcelone, et d’autres sont impliqués…
Il n’en reste pas moins qu’une dynamique est lancée. Les axes de coopération proposée, pollution, migration de population, problèmes agro alimentaires, touchent directement les populations. Avancer, dès maintenant, de manière critique que les institutions sont floues,  revient, une fois encore, à oublier qu’il y a des acteurs derrière ces institutions, qu’il ne faudra pas répéter les dérives de l’UE : reformater des institutions instrumentées par des élites qui ont construit une nouvelle langue de bois que les populations n’entendent pas, des normes ressenties comme autant de pressions mal vécues.

 

Si le projet de civilisation/ coopération méditerranéenne retrouvée a un avenir, il doit passer par des négociations régionales et bilatérales au coup par coup pour déboucher sur des programmes de court terme visibles et palpables. L’idée de dépasser à la fois le clivage de la guerre froide et les ambitions néo conservatrices  de Washington pour le Grand Moyen Orient, s’inscrit dans une perspective forte d’ouverture à ne pas balayer d’un coup de plume.

auteur: Catherine Durandin
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de Michel Dumagne le 27/06/2008 à 15h42
Ouvrons l'Europe au lieu d'inventer un nouvel espace!!

Ce n'est pas la guerre froide qui a boulversé la civilisation méditerranéenne, mais bien la colonisation!

Le projet d'union pour la méditerrannée est mal reçu par les pays concernés, car il ne leur propose que des partenariats économiques.

Ces dits pays ont déjà les USA ou la Chine pour commercer : nul besoin d'une union.

Il est clair que Sarkozy utilise l'UPM comme un plan B à la présidence de l'UE, pour redorer son blason sur la scène internationale.

Il faut à mon avis que les européens soient moins continentalistes dans leurs choix de nouveaux membres :
ainsi, les pays musulmans ont, à mon sens, autant de raison d'être européens que les pays de l'est comme la Lituanie ou l'Estonie.


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de Raskas le 03/07/2008 à 17h21

Tous à fait d'accord avec vous. L'Europe géographique n'a jamais existé et rien dans le règlement européen ne précise que les pays membres doivent se trouver en Europe.

Cependant les adhésions sont difficiles notamment à cause des différences de niveau de vie. Je penses qu'il faudrait permette au pays candidat d'entré d'en l'UE par pallier: par exemple adopter l'euro avant d'être intégré; ou ce joindre à l'Europe de la défense qu'il est urgent de développé...

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de andre le 04/07/2008 à 03h03
union de la mediterrannée

D'autres s'y sont attelés avant sarko : khadafi..les peuples de la Méditerranée sont bien loins de tenter ce que l'europe n'a pas réellement su faire. La seule unanimité se fait uniquement pour espérer la disparition d'Israël. Ne soyons pas naïfs

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de amar meriche le 13/08/2008 à 06h14
MohameDavidetTyrannie

Union pour la Méditeranée: merci d'y croire !
Merci Madame pour votre article mais nous attendons des Français (les seuls Européens que connaissent bien les Algériens), nous leur demandons de ne pas trop nous donner de faux espoirs! D'autant plus qu'il y a une guerre de leadership entre les dirigeants maghrébins et que cette idée lumineuse - bien française - qui voulait raffermir la francophonie et l'influence française, nous dit-on, aboutit pour l'instant dans un cloaque puisqu'il a bien fallu donner la co-présidence à un président à vie, anglophone "dictaphone" et arabo-moderniste obscurci par El-Azhar!... Tout algérien laïc et républicain que je suis, j'aurais préféré un "roi" (au moins, c'est plus clair) ou un roitelet dont on aura "posé" le trône à califourchon sur un dromadaire docile, dressé à cet effet par le Cirque Amar! Ou alors, le Président-Général libanais assis entre deux chaises! Pourquoi pas?
La Méditerranée mérite quand même mieux. Dommage que le Sénégal soit en Séné-Gambie ! Si près de Tamanrasset et si loin d'Alger. Sait-on à propos à qui profite(ra) l'UPM? Eh bien, ce ne sera ni aux adeptes de la paix (en Palestine, par exemple), ni aux "grands commerçants" (qui vont débarrasser à coups de milliards les poubelles du sud de la Méditerranée)... ce sera d'abord à "l'émigration choisie" ou moisie et donc aux "tchitchi-bouhis" des entourages des potentats locaux, c'est-à-dire aux fils de généraux et de despotes qui renforceront leur "aura" de pro-Européens à la mentalité rétrograde avérée.
Que n'a-t-on plutôt pensé à desserrer un peu plus l'étau qui nous empêche de circuler (c'est-à-dire, aller en Europe et revenir, à sa guise)? En mettant bien sûr des garde-fous? ou des garde-boue?
Entendez-moi: quand un méditerranéen du sud sait qu'il peut revenir en Europe, sans crainte d'être refoulé, il est avéré qu'il ne reste en Méditerranée du nord que le temps de se faire une situation. Pourquoi ne pas aider matériellement et surtout techniquement ceux qui veulent retourner à leurs sources? Mais bon... Quand le bâtiment va, tout va. L'argent pourvoit à tout. Et si ça foire, ce ne sera la faute ni à l'encombrant Kaddafi ni à l'imprévisible Assad, ni à l'inconstance des Israéliens démocrates (s'il en est), ni à l’attentisme du Grand Commandeur Ben Ali, ni à la fougue de Bouteflika, ni à la moue dubitative de Mohammed VI premier!
Moi, je veux bien de cette UPM... pourvu que les Européens ne se mettent pas à 36 pour engrosser l'Afrique du Nord (on a mal rien que d’y penser) ou pour accoucher d'un projet foireux. Mais soyons optimistes puisque Mr Sarkozy a l'air d'y croire (on a peu entendu les Socialistes, comme de bien entendu, ou peut-être n'ai-je rien entendu).
Merci Madame pour votre optimisme et votre sens de l'analyse!

PS: Votre article est prémonitoire (à propos de la stratégie Mer Noire de Washington: on a vu le résultat avec la guerre du Caucase).

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